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PDU : la stratégie de la CARENE pour relever les défis de la mobilité dans l’agglomération

Chaque habitant.e de l’agglomération nazairienne se déplace en moyenne quatre fois par jour : pour aller travailler, étudier, faire ses courses, se rendre à la plage, accompagner ses enfants au sport, voir ses amis. Avec l’évolution des modes de vie et l’augmentation des déplacements quotidiens, la CARENE a souhaité réviser son Plan de Déplacements Urbains (PDU).
Après une concertation commune au PLUi (Plan Local d’Urbanisme intercommunal) puis un diagnostic réalisé en 2017, les élus des dix communes ont travaillé sur une stratégie et identifié les défis à relever en matière de mobilités sur le territoire pour les quinze années à venir.
En amont de l’arrêt du projet en conseil communautaire le 26 février 2019,  l’Agglomération présente aujourd’hui aux habitant.e.s du territoire les ambitions et les objectifs du futur PDU.

Le PDU en bref

Le PDU définit une feuille de route pour dérouler un panel de solutions répondant aux besoins des habitants. Ce véritable « bouquet de mobilité » offrira le choix entre le vélo, la marche à pied, le bus, ou encore la voiture notamment par ses nouveaux usages : covoiturage, autopartage, nouvelles motorisations. La voiture est aujourd’hui privilégiée pour 71 % des déplacements, y compris pour les courtes distances. Le Plan de déplacements urbains a pour ambition de réduire à 63 % la part de la voiture à l’horizon 2030. Cela se traduira également par l’aménagement des espaces publics, permettant de redécouvrir les modes doux pour les petits trajets.

Le PDU qu’est-ce que c’est ?

Le Plan de Déplacements Urbains permet de disposer  d’une vision transversale des déplacements sur un territoire et d’un plan d’actions programmées.
Ses objectifs : accès pour tous à la mobilité, qualité du cadre de vie, santé, environnement, offre de mobilité.

5 démarches, une même ambition au sein du projet de territoire

  • Aménagement, avec le Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi)
  • Habitat, avec le Plan Local de l’Habitat (PLH)
  • Mobilités, avec le Plan de Déplacements Urbains (PDU)
  • Climat air énergie, avec le Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET)
  • Accueil entreprises, avec le Schéma d’Accueil des Entreprises (SAE)

PDU : 1 stratégie pour relever 5 défis

Défi 1 : Conforter l’attractivité du territoire

  • Une accessibilité à grande échelle à renforcer : la desserte du territoire est un élément clé de son développement économique et nécessite des infrastructures routières et ferroviaires performantes que ce soit pour aller à Nantes et à Paris ou bien pour être relié à la Bretagne et à la Vendée. Il est également souhaitable de créer les conditions de connexion des sites industriels pour les flux « très grand gabarit » dans une logique de dynamique internationale du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire.
  • Une destination touristique et une offre de loisirs à révéler : aujourd’hui, les services à la mobilité (transports en commun, location de vélo, stationnement) sont destinés à répondre aux besoins des résidents à l’année. Demain, ils devront mieux prendre en compte la mobilité touristique et balnéaire et s’adapter en période estivale, en complément des grands itinéraires cyclables (Loire à Vélo, Vélocéan) et de randonnée pédestre (sentier littoral, GR 3…) existants. 

Chiffres clés

  • 2e pôle d’emploi de Loire-Atlantique / 58 000 emplois.
  • 1er port de la façade atlantique (en tonnage).
  • 3 500 étudiants répartis sur 3 sites à Saint-Nazaire.
  • 2e agglomération de Loire-Atlantique avec 127 932 habitants en 2018.
  • + de grandes infrastructures de transport : 1 aéroport, 2 gares TGV, Pont de Saint-Nazaire.

Défi 2 : Garantir le territoire du ¼ d’heure

  • Maintenir une accessibilité aux pôles d’emploi, de commerce et d’équipements : aujourd’hui, la plupart des déplacements des résidents en semaine se font au sein de l’agglomération. Pôles d’emplois importants, équipements structurants, lieux de loisirs et de culture, vaste offre commerciale : les habitants y trouvent réponse à la plupart de leurs besoins. Mais ils ne se rendent pas uniquement dans le sud de l'agglomération ou à Saint-Nazaire. Rapidement accessibles en voiture, les villes voisines (Guérande, Herbignac, Pont-Château, Savenay) offrent elles aussi un panel d’équipements et de services complémentaires. Le maintien d’une accessibilité routière performante de même que la diversification des solutions de mobilité forment un enjeu majeur pour le fonctionnement urbain du territoire dans un contexte de croissance démographique. Générer moins de nuisances et pollutions constitue aussi une ambition pour faire du bouquet de mobilité un outil au service de la santé publique et de la qualité de vie. Cela contribue également à la mise en accessibilité des espaces publics et répond à l’enjeu d’adaptation de la ville au vieillissement de la population.
  • A l’échelle de chaque centralité : raisonner piéton/cycliste avant tout. Aujourd’hui, même en semaine, les déplacements de courte distance sont effectués majoritairement en voiture. Le défi à relever est donc de favoriser au mieux les modes doux afin de diminuer la pollution atmosphérique et de promouvoir l'activité physique. Raisonner piéton/cycliste avant tout, c’est aussi améliorer le cadre de vie en repensant l’aménagement des espaces publics et viser des centres villes apaisés. Ces aménagements seront à adapter en fonction des contextes urbains : largeurs de voiries, densité, mais aussi vocation des espaces traversés. Les aménagements cyclables, ou encore les « zones apaisées» (zones 30, zones de rencontre…) permettent de sécuriser les trajets à pied et à vélo, mais aussi de renforcer l’attractivité économique et résidentielle grâce à des espaces publics de qualité.

Chiffres clés

  • + 1 200 habitants/an (dont 600/an à Saint-Nazaire) entre 2009 et 2014.
  • 40 % des déplacements de moins de 1 km effectués en voiture.
  • 15 000 voyages par jour sur la ligne hélYce, le bus à haut niveau de service.
  • + de 20 centralités : centres-villes, centres bourgs, coeurs de quartiers.

Défi 3 : Accompagner le changement d’habitude

  • Développer une culture de l’intermodalité : réseau de bus performant, connexion avec l’offre ferroviaire, développement d’itinéraires cyclables, création de services vélos (location, stationnement), Malgré un « bouquet mobilité », en cours de structuration mais déjà présent, la voiture reste encore le mode « réflexe ». Le développement de la multimodalité (utiliser plusieurs modes de transport pour se déplacer) passe d’abord par la mise en place d’une culture partagée entre gestionnaires de la voirie et des espaces publics, afin de tendre vers des déplacements « sans rupture ».
  • Déployer les services de modalité : l’automobile a un avantage : elle répond à tous les besoins de déplacements. Sortir du « tout voiture » implique de proposer un panel de solutions qui permet de passer facilement d’un mode à un autre : pôles d’échanges, billettique sans contact hYcéo Pass valable demain aussi bien pour les bus, les services vélos, les parkings, bornes de recharge électrique.
  • Développer l’écomobilité auprès des scolaires et des actifs : la mission de conseil en mobilité de la CARENE déployée depuis 2014 et ciblée sur les actifs en recherche d’emploi doit bénéficier à d’autres publics : scolaires, salariés à travers l’animation des Plans de Déplacement des entreprises, personnes âgées dont la mobilité est un enjeu fort de lien social.

Chiffres clés

  • 69 000 logements dont 55 % de maisons individuelles.
  • 1,31 véhicule en moyenne possédé par chaque ménage de la CARENE.
  • 800 vélos à assistance électrique vélYcéo mis en location en 2018.
  • 17 parkings de covoiturage et un site internet www.ouestgo.fr.

Défi 4 : Enclencher les coopérations

  • S’affirmer comme chef de file d’une gouvernance partenariale de la mobilité :La CARENE est au coeur de plusieurs logiques de flux, plus particulièrement avec l’agglomération voisine Cap Atlantique. De nouvelles formes de collaboration sont à imaginer aujourd’hui. Adapter les périmètres de réflexion et l’offre de mobilité à la réalité des déplacements, telle est l’ambition pour demain. Il faut pour cela mobiliser les acteurs institutionnels (Région, Département, Pôle Métropolitain, intercommunalités voisines, communes), économiques (employeurs), ou issus de la société civile (conseil de développement, associations, citoyens…).
  • Fédérer les acteurs de la mobilité : la révision du PDU permet d’identifier les besoins de la CARENE au regard des compétences d’autres collectivités : Conseil régional pour les trains TER et cars régionaux, Conseil départemental pour les routes départementales, État pour les voies ferrées et les routes nationales. Le PDU alimentera le SRADDET* en cours d’élaboration par la Région des Pays-de-la-Loire, notamment sur les infrastructures ferroviaires et routières, les services de transport public qui y sont organisés et les modalités de mise en oeuvre de l’intermodalité.

Chiffres clés

  • 1 Parc Naturel Régional en Brière.
  • 5 réseaux de transport public desservant l’agglomération : STRAN, Lila presqu’île, Lila, TER, TGV.
  • 574 000 déplacements chaque jour sur l'agglomération, dont 65 000 de/vers Cap Atlantique et 16 300 de/vers Nantes Métropole.
  • 14 gestionnaires de voirie : 10 communes + Département + DirOuest + Grand Port Maritime + CARENE

Défi 5 : Innover et expérimenter

  • Explorer des sujets émergents : la révolution numérique modifie nos pratiques, que ce soit pour consommer (commerce en ligne) ou nous déplacer (nouvelles applications, utilisation de l’open data). La CARENE doit se positionner comme un territoire de recherche permettant le développement de solutions innovantes de mobilité. De même, la question des liaisons maritimes, entre les villes de la presqu’île, vers le Sud Loire, ou vers les îles bretonnes et vendéennes devra être réexaminée.
  • Mettre en œuvre les expérimentations : le test de solutions innovantes, avec la possibilité d’y mettre fin si cela ne s’avère pas opportun, permettra d'accompagner les nouvelles mobilités et de préfigurer l’aménagement des espaces pour les prochaines années.

Chiffres clés

  • 23 plages entre Saint-Nazaire et Pornichet.
  • 89 % du parc de logements sociaux situé sur Saint-Nazaire, Montoir-de-Bretagne et Trignac.
  • 1 personne sur 4 âgée de 60 ans et plus en 2018.
  • 94 % des arrêts prioritaires accessibles aux personnes à mobilité réduite
    (100 % pour les arrêts principaux).

Une large concertation pour bien préparer l’avenir du territoire

Depuis 2015, la concertation autour du futur PDU a pris plusieurs formes afin d’associer un maximum d’acteurs et de façonner un Plan de déplacements le plus adapté possible aux contraintes et aux ambitions du territoire :

  • Un élu référent pour chaque commune (deux pour Saint-Nazaire, ville centre) a été désigné afin d’associer pleinement les communes dans l’élaboration du PDU dans le cadre de réunions thématiques mensuelles.
  • Le forum des acteurs, mutualisé avec le PLUi, le PCAET et le SAE, dont des associations d’usagers concernés par la thématique mobilités, ainsi que des acteurs du monde économique, des transports et de l’aménagement, se sont réunies à deux reprises.
  • Un comité technique rassemblant vingt structures institutionnelles : les communes de la CARENE, de Conseil départemental, le Conseil régional, l’Etat, Nantes Saint-Nazaire Port, Lila Presqu’Ile, le PNR de Brière, la Stran, Air Pays de la Loire, l’ADEME et la CCI, se sont réunies à cinq reprises.
  • Le Conseil de développement a été saisi dès 2015, il a remis un rapport en janvier 2018.
  • La Commission Intercommunale d’accessibilité se réunira en novembre.
  • Une lettre d'information a été diffusée afin d’informer le grand public. Une information également couverte par le magazine d’information de l’agglomération et son site internet.