- Environnement

Energie durable : Saint-Nazaire engagée dans une démarche d’amélioration continue

Afin de dynamiser et de faire reconnaître sa démarche de développement durable, la Ville de Saint-Nazaire s’est engagée dès 2012 dans une démarche de labellisation Cit’ergie.
En novembre 2015, elle obtenait le label Cap Cit’ergie, une première étape dans sa démarche d’amélioration continue. L’objectif est désormais d’atteindre le deuxième niveau du label. Près de 90 actions, coordonnées avec la politique climat-air-énergie du territoire, sont en cours de réalisation, dont certaines profitent déjà largement à l’environnement et aux finances de la collectivité. 

Crée par l’ADEME il y a dix ans,  Cit'ergie est un dispositif destiné aux communes et intercommunalités qui s’engagent dans une amélioration continue de leur politique énergie durable en cohérence avec des objectifs climatiques ambitieux. Un label en trois niveaux récompense, pour quatre ans, le processus de management de la qualité de la politique énergétique et climatique de la collectivité en fonction de six thématiques spécifiques :

  • Planification du développement communal ;
  • Patrimoine de la collectivité et accompagnement des communes ;
  • Approvisionnement en énergie, eau et assainissement ;
  • Mobilité ;
  • Organisation interne ;
  • Partenariats.

Le label Cit’ergie a pour objectif d’inciter les collectivités à renforcer leur ambition politique Climat-Air-Energie, à travers une démarche d’amélioration continue, qui s’adapte en permanence aux besoins des collectivités pour les pousser vers l’excellence.

Depuis le lancement du label Cit’ergie en 2008, 2 collectivités sont labellisées Cit'ergie GOLD et 36 collectivités sont labellisées Cit'ergie ; 28 collectivités sont labellisées CAP Cit’ergie et 65 autres collectivités sont actuellement en processus Cit'ergie en vue d'une labellisation. Au total, aujourd’hui ce sont 131 collectivités engagées dans la démarche et plus de 15 millions d’habitants concernés par Cit’ergie.

Un processus rationnel et objectif 

Lorsque la collectivité s’engage dans le processus Cit’ergie, elle bénéficie d’un  accompagnement continu par un conseiller accrédité qui s’appuie sur un catalogue standardisé au niveau européen, constitué de 60 actions réparties dans les six domaines d’intervention de la collectivité et sur un référentiel national d’aide à l’évaluation, qui lui permet d’apprécier les actions conduites par la collectivité au regard de ses compétences propres et du contexte réglementaire et technique français.

En fin de processus, un auditeur accrédité intervient pour valider la demande de labellisation de la collectivité, pour tous les niveaux du label : CAP Cit’ergie, Cit’ergie et Cit’ergie GOLD. Enfin, la Commission Nationale du Label, un organisme de contrôle indépendant, décide de l’octroi ou du retrait du label. 

Voici quelques-unes des mesures phares déjà mises en œuvre dans le cadre de la démarche Cit’ergie ou en cours de réalisation :

Préserver la ressource et alléger la facture d’énergie

Le patrimoine immobilier municipal, ce sont plus de 700 bâtiments qui génèrent chaque année près de 9 000 factures de fluides (électricité, gaz, réseau de chaleur, eau). Afin d’améliorer la performance énergétique des bâtiments municipaux, limiter les émissions de CO² et maîtriser la facture énergétique dans une période de hausse des tarifs, les services municipaux ont mis en place des systèmes de gestion des fluides afin de faire la chasse aux surconsommations et de consommer l’énergie au plus près des besoins. Dans une logique d’amélioration continue, un diagnostic avec un suivi des consommations va être mis en place pour suivre les consommations et les analyser par bâtiment, de date à date et identifier les postes les plus consommateurs d’énergie.

L’électricité : traquer le gaspillage pour stabiliser la dépense 

Plusieurs actions notables vont être mises en place pour éviter les consommations inutiles d’électricité et tenter de stabiliser une facture toujours en augmentation.
Dans les groupes scolaires, il est fréquent que des lampes restent allumées toutes la nuit du fait de défauts de fonctionnement de certains détecteurs. Elles vont être modifiées ou changées.
Dans les gymnases, majoritairement utilisés le soir, une rénovation de l’éclairage est en cours. Les spots d’éclairage étant très consommateurs, le système « sodium » est progressivement remplacé par du « led », qui permet de régler l’intensité. Cette action a permis, dans les gymnases déjà rénovés, de faire baisser la consommation électrique de 45%, soit une économie de 5 000 € par an.

Le gaz : les grandes manœuvres pour de grosses économies 

La Ville de Saint-Nazaire a également entrepris de baisser sa consommation de gaz en rénovant de manière importante certains bâtiments comme le gymnase de Kerlédé ou l’Hôtel de Ville. Par ailleurs, la collectivité a mis en place un procédé de gestion à distance des chaufferies pour faciliter l’exploitation et chauffer quand c’est réellement utile. Plus de 30 chaufferies sont déjà équipées sur les 80 qui appartiennent à la Ville. Le plan de rénovation se poursuivra jusqu’en 2024.
Une chaufferie rénovée permet de réaliser entre 10 et 15% d’économie sur la facture énergétique. Ces économies sont encore plus importantes lorsqu’une Gestion Technique Centralisée (GTC) est mise en place. A titre d’exemple, la rénovation de la chaufferie de Bonne-Anse en 2015 a permis de baisser de 25% la consommation annuelle soit 2 500 €/an. Equipé depuis 2017 pour la somme de 6 000 €, la Ville réalise une économie de 3 000 € tous les ans sur le Théâtre Jean-Bart, soit une baisse de 30% de la consommation de gaz, uniquement en réduisant le chauffage à 16° pendant les plages non utilisées par le public.
Le remplacement du système de régulation de gaz des locaux de la direction de l'éducation pour la somme de 4 000 € a permis de réduire de 30 % de consommation en gaz soit 2000 € d'économie.

L’eau : piloter pour économiser

Un plan d’action « économies d’eau » est en cours de déploiement. Il doit permettre, notamment, le suivi à distance des compteurs afin d’être réactif lorsqu’une fuite est repérée. L’économie attendue est de -15% sur la facture globale. Ce plan prévoit également de mettre en place la récupération d’eaux pluviales et de sensibilisation les utilisateurs.
Par ailleurs, depuis 2017, des systèmes hydro-économes sont en cours de test sur le patrimoine bâti de la Ville. L’économie réalisée sur les sept sites pilotes est de 10 à 20 % pour chacun des sites. Ces systèmes , déjà généralisés dans les écoles, vont être rapidement mis en place sur l’ensemble des gymnases, des écoles/groupes scolaires et des cimetières de la ville pour un investissement estimé à 76 000 € (hors subvention) et une économie de 14 000 € annuels, soit un taux de retour sur investissement de moins de quatre ans. 
A noter : le réseau d’eau de la Plaine des sports sera sectorisé afin de rationaliser l’arrosage et l’assainissement.
Sur les espaces verts et le domaine public, l’arrosage va prochainement pouvoir être suivi à distance ce qui permettra dès 2019 d’arroser uniquement quand la terre en a besoin. La baisse de la consommation d’eau est estimée à 10 000 € annuels dès la première année sur une facture totale de 520 000 €.
A noter : sur les sites particulièrement consommateurs d’eau comme le Front de mer ou encore la Plaine des sports, des capteurs sont reliés à une station météo.

Un plan d’action pour réduire la consommation d’énergie du patrimoine immobilier

Le diagnostic du parc immobilier de la Ville a révélé qu’environ 30% des bâtiments audités présentaient un état de vétusté avancé et que l’investissement nécessaire pour maintenir un bon niveau de service à la population était environ de 11 000 000 € annuels pendant 5 ans. 
Pour atteindre cet objectif, un plan d’action, validé fin 2017 et conçu à partir de 140 préconisations, prévoit la réduction de 13% de la surface de ce parc immobilier soit 30 000 m2 et une réduction du nombre d’actifs de 25% ainsi qu’une baisse des coûts de fonctionnement annuels de 1,5% (50 000 €) et une baisse annuelle de la consommation énergétique de 31% (400 000 €).

L’éclairage public : éclairer mieux, au bon endroit, au bon moment

Eteindre l’éclairage public sur les plages horaires où l’espace public est peu ou pas fréquenté peut permettre de répondre à des enjeux écologiques (protéger la biodiversité, limiter la pollution lumineuse, réduire les gaz à effet de serre et la production énergétique), des enjeux de gestion de sécurité routière (apaiser les vitesses, réduire les nuisances sonores en incitant l’automobiliste à emprunter les voies éclairées) et des enjeux économiques (diminuer les dépenses d’électricité dues à l’augmentation du prix de l’électricité, aider au financement d’actions de développement durable).
D’avril à juin derniers, à titre d’expérimentation, l’éclairage public de plusieurs quartiers a été éteint une partie de la nuit. Une nouvelle expérimentation plus large est menée depuis le mois d’octobre sur les quartiers de Saint-Marc-sur-Mer, Immaculée et Herbins afin de déterminer les créneaux horaires d’extinction les plus pertinents et les attentes des Nazairien.ne.s à prendre en compte.
Le retour d’expérience des services, des partenaires engagés et des habitants contribuera à l’élaboration d’un futur Schéma directeur d’aménagement lumière (SDAL). L’objectif de la Ville de Saint-Nazaire est de limiter l’impact de l’éclairage public sur l’environnement et d’en maîtriser les coûts.

Des matériels plus performants pour préserver la ressource

Saint-Nazaire compte 13 450 points lumineux avec une facture énergétique d’environ 500 000€ par an. Depuis plusieurs années, les anciens luminaires sont remplacés progressivement par des matériels performants en matière de consommation. Seule la technologie installée sur certaines voies récemment rénovées (dont la ligne hélYce) permet un abaissement lumineux de 30 %. Malheureusement, ces efforts ne permettent pas de compenser les 2.4% d’augmentation annuelle constatée du coût de l’énergie.

Eclairage public rénové = 92% d’économie d’énergie
L’exemple de la rue du Commandant-Charcot

Au début de l’année 2017, l’unité éclairage public de la Ville de Saint-Nazaire a mené la rénovation de l’éclairage public de la rue du Commandant Charcot (secteur Saint-Marc). L’ancienne installation comportait 52 luminaires équipés de lampes à vapeur de mercure. Ce matériel en fin de vie, nécessitant des dépannages fréquents, était particulièrement énergivore (112W chacun) et provoquait une pollution lumineuse importante.
La nouvelle installation, classés « A » contre « E » auparavant, comporte désormais 26 luminaires à LED, particulièrement économes en énergie (27W chacun). Cette rénovation permet ainsi de réaliser 92% d’économie. La puissance totale est en effet désormais de 702 W au lieu de 5 824 W précédemment. Par ailleurs, la luminosité est abaissée de 50% la nuit (22h/6h). La facture annuelle d’électricité a ainsi été divisée par 13, soit 3 630 € d’économies.

Coût de l’énergie : une augmentation constante difficile à compenser

Le coût de l’énergie électrique est en constante augmentation (+ 2,04 % par an en moyenne sur 10 ans). Si de nouvelles technologies permettent de réduire la facture énergétique de la Ville, ses efforts sont contrebalancés par l'augmentation du parc, dû aux rétrocessions (aménagements privés récupérés par les services de la Ville, +5% en 2017).
A ce rythme, à la fin du municipe, la facture annuelle de l’éclairage public sera de 910 k€ TTC, à patrimoine constant. En 2026, ce poste de dépense sera de 1 025 k€ TTC.

Des achats toujours plus responsables

Labellisée Territoire de commerce équitable, Saint-Nazaire a depuis plusieurs années la volonté de conditionner ses achats à des critères particuliers dont l’objectif est de systématiser des achats dits durables.
A cet exemple, la collectivité intègre dans ses marchés publics des critères environnementaux, de développement durable et des clauses d’insertion. Elle développe également les groupements de commandes avec d’autres collectivités de l’agglomération et adhère à l’entente UPAM (Unité de production alimentaire mutualisée qui produit près de 5 500 repas par jour avec 40% de produits locaux et régionaux (45% en 2019) dont 12% en bio. Les goûters des écoles municipales sont composés de produits équitables et la Ville, avec le Conseil Nazairien du Commerce Equitable (CNCE), anime un réseau d’acteurs locaux et propose de très nombreux événements et animations (quinzaine du commerce équitable, projets éducatifs, ciné-débat, etc).
Pour les machines à café de ses personnels, la collectivité achète des gobelets compostables et de produits équitables. Pour ses fournitures de bureau, elle achète près de 50% de produits labellisés (pour une moyenne nationale de 22%) et elle propose à ses agents des commandes groupées de produits bios et/ou locaux par l’intermédiaire de Socali.

Entretien des locaux municipaux : des produits respectueux de l’environnement

La direction logistique en charge de l’entretien des locaux de la Ville repense totalement sa manière de travailler. Ainsi, depuis quelques mois les personnels de nettoyage ne travaillent plus systématiquement en horaires décalés avant ou après les plages de travail classiques, mais interviennent au cours de la journée. Une manière d’améliorer leur qualité de vie au travail et de leur permettre d’être au contact de l’ensemble de leurs collègues.
Par ailleurs, cette direction s’attache actuellement à tester l’efficacité de produits de nettoyage moins nocifs et plus respectueux de l’environnement. Cette démarche est réalisée selon les critères de la norme Iso 14001 et donnera lieu, dans quelques moins, à un guide d’achat spécifiquement dédié à ces produits.   

Des événements éco-conçus

La Ville de Saint-Nazaire organise et contribue à organiser de très nombreux événements tout au long de l’année. Consciente de l’impact potentiellement important d’une manifestation lorsqu’elle se déroule sur l’espace public et quelque fois même sur des espaces naturels, la Ville a souhaité réfléchir à la mise en place d’une démarche vertueuse.
Accompagnée par Eco-événement, un collectif de conseil dans les démarches durables, la Ville a mené un premier test lors de l’édition 2018 de Grande Marée.
Cette expérience a notamment été utile pour commencer à élaborer une charte et un plan d’actions. Une dizaine de projets seront accompagnés en 2019 pour élargir l’expérience. 

Un fleurissement attractif, diversifié et économe

Les espaces verts entretenus par les services de la Ville couvrent une superficie de 256 ha et les massifs saisonniers en compte 0.2 ha. Afin d’optimiser l’entretien et la gestion de ces surfaces importantes, la collectivité a conçu un Schéma Directeur du Fleurissement, qui constitue l’un des volets du Schéma Directeur d’Aménagement Paysager.
Il s’agit de proposer un fleurissement de qualité, respectueux de l’environnement et de rechercher le meilleur impact paysager tout en optimisant la gestion des surfaces aménagées en termes de moyens humains et financiers. Il s’agit également d’optimiser l’action du service pour assumer l’absorption de nouvelles demandes liées à l’évolution du patrimoine.
Plusieurs pistes sont à l’étude ou ont déjà été mises en œuvre pour optimiser le temps et les moyens :

  • Transformer des massifs saisonniers en massifs pérennes qui demandent moins d’entretien et ont une durée de vie plus longue.
  • Employer un maximum de plantes vivaces pour consacrer plus de temps à la création et à l’entretien.
  • Utiliser du paillage et des plantes couvre-sol afin d’économiser l’eau et de limiter le désherbage.
  • Naturaliser les bulbes sur les pelouses pour créer l’événement printanier à un coût réduit.
  • Donner du volume et assurer présence permanente des plantes en intégrant des végétaux persistants et en développant l’utilisation de l’arbrisseau dans les massifs.
  • Travailler sur des effets trompe-l’œil sur les massifs «vitrine» en diminuant la densité végétale et en apportant des éléments décoratifs sans nuire à l’esthétisme.
  • Tester régulièrement de nouvelles essences dans les serres municipales afin de repérer celles qui se comportent bien et se reproduisent bien.
  • Ménager une place aux espèces locales.
  • Rendre systématique un branchement d’eau à proximité des massifs pour la mise en place de l’arrosage automatique goutte à goutte afin d’optimiser l’utilisation de la ressource en eau et le temps d’arrosage.