Photo des archives de la Ville

Inaugurée en 1970 par Étienne-Caux, la Maison des Jeunes et de l’Éducation Permanente (MJEP) a joué jusqu’en 2017 un rôle essentiel dans la vie locale de Saint-Nazaire, en tant que lieu d’émancipation intellectuelle, sociale et culturel. Ses valeurs et état d’esprit continuent de vivre au sein de plusieurs institutions locales. La Ville commémore l’existence de ce lieu symbolique.

Affiliée à la Fédération Léo Lagrange, avec ses valeurs humaniste et laïque, la création de la MJEP est portée par la municipalité socialiste de François Blancho avec la vocation de contribuer à l’émancipation intellectuelle et sociale et à la formation civique des Nazairiens et Nazairiennes.

Un lieu pluriel et intergénérationnel

La MJEP a été tour à tour un lieu d’activités proposant des ateliers d’artisanat, d’expression, de création et d’archéologie, un lieu de diffusion artistique et de réflexion. Elle a notamment accueilli des concerts, des pièces de théâtre et des projections, attirant des personnalités comme Léo Ferré ou Brigitte Fontaine. Elle est aussi un lieu de débats politiques, abordant des sujets tels l’évolution de la Sécurité sociale, la justice ou le droit à l’avortement.

La MJEP accueille « Canard sauvage » en 1976

L’un des moments marquants de l’histoire de la MJEP a été l’accueil de la résidence artistique « Canard Sauvage », dirigée par Armand Gatti et sa troupe « La Tribu » en 1976, traitant de l’internement psychiatrique des opposants politiques en URSS, notamment Vladimir Boukovski. Le projet mêlant théâtre, écriture et débats a réuni à la fois étudiants, paysans, ouvriers, immigrés… En 1974, Boukovski, libéré, arrive à Saint-Nazaire, où des tensions apparaissent avec le PCF local mais malgré le contexte politique local tendu, le Maire Étienne-Caux, soutiendra jusqu’au bout le travail collectif de la résidence. Cet événement marquera durablement la ville.

La naissance du centre culturel en 1986

Après les directions de Marie-Françoise Durupt et Hervé Roland, la MJEP prend une nouvelle orientation à partir de 1981 sous la direction de Patrice Bulting. Elle concentre son activité sur la diffusion artistique pour devenir officiellement un centre culturel en 1986, baptisé Fanal en 1997. Elle abrite alors le théâtre labellisé Scène nationale et le cinéma d’art et essai. Depuis 2012, le Théâtre scène nationale nommé Simone Veil est installé dans l’ancienne gare de la ville et le cinéma Jacques-Tati dans les locaux d’Agora.

L’héritage de la MJEP

La MJEP n’existe plus depuis 2017 mais on retrouve ses valeurs et état d’esprit au sein de plusieurs institutions soutenues par la Municipalité et emblématiques à Saint-Nazaire. Le festival de musiques du monde Les Escales, créé par le dernier directeur de la MJEP, Patrice Bulting, avec son esprit d’ouverture et de découverte ; la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs, dirigé par Patrice Deville, ou encore La Source, l’espace municipal avec une programmation participative pensée par et pour les 15-25 ans, inauguré par David Samzun en 2018, s’inscrivent dans son héritage de lieu culturel et d’éducation populaire.

La Ville de Saint-Nazaire a décidé d’installer une plaque-totem sur le site d’origine devenu aujourd’hui l’ensemble SILENE « Le Fanal ». Cette initiative provient de Patrice Bulting, ancien animateur et directeur de la MJEP (1976-1986), ancien directeur des Escales et adjoint de la Ville (2014-2020).

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