- Concertation

Droit d’interpellation citoyenne : une première interpellation débattue en Conseil municipal

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Lors du Conseil municipal du 29 mars dernier, la Ville de Saint-Nazaire lançait officiellement le Droit d’interpellation citoyenne. Une première interpellation « Pour la pleine reconnaissance de l’identité bretonne de Saint-Nazaire » a  été déposée dans les jours qui ont suivi sur la plateforme en ligne. 
Patrick Lecat, l’auteur de cette première interpellation citoyenne, souhaite : « Permettre à Saint-Nazaire de jouir aussi naturellement de son identité culturelle et géographique que d’autres villes de Bretagne, Normandie, Provence, Occitanie ». Il demande l’inscription à l'ordre du jour du conseil municipal de Saint-Nazaire, des 6 mesures à court terme et 4 mesures à moyen terme ». 
Afin d’être inscrite à l’ordre du jour du Conseil municipal, cette interpellation devait atteindre 2 500 signatures, ce qui a été rapidement le cas. Les élu∙es ont donc débattu de cette interpellation lors du conseil municipal du 22 novembre 2019. 

Le droit d’interpellation citoyenne lancé par la Ville de Saint-Nazaire permet aux Nazairien∙nes de demander l’avis du Conseil municipal sur des sujets d’intérêt local. Ce nouvel outil complète les autres dispositifs de concertation comme les conseils citoyens de quartiers, le fonds de participation des habitant∙es pour soutenir des initiatives citoyennes ou les débats ciblés sur la culture, le sport ou le social.

C’est un moyen pour les habitant∙es d’obtenir l’avis du Conseil municipal sur un projet ou une décision à prendre. Il s’agit de permettre à un maximum de citoyennes et de citoyens de s’impliquer dans la vie locale en dehors des élections municipales. Et pour y arriver, il est apparu nécessaire de proposer aux habitant∙es différentes façons d’y participer. 

Il faut simplement réunir 2500 signatures de Nazairien∙nes majeur∙es qui habitent la ville depuis au moins 1 an. Les sujets ou projets proposés doivent être d’intérêt local et liés aux compétences exercées par la municipalité (la Ville se réserve le droit de vérifier l’identité des signataires).

Ensuite, le sujet de la pétition jugé conforme est inscrit à l’ordre du jour du conseil municipal qui débat du sujet et décide : soit de lancer un référendum local pour recueillir l’avis de l’ensemble de la population soit d’adopter le projet sans passer par la case référendum.
 

La Ville déjà engagée pour la promotion de la langue bretonne 

La culture bretonne fait partie de l’identité de Saint-Nazaire. Afin de l’affirmer et de mieux l’intégrer dans le quotidien des Nazairien∙nes, la Ville va adhérer prochainement (le 6 décembre à 11h) à « la charte Ya d'ar brezhoneg - Oui à la langue bretonne », après avoir déjà mis en place de nombreuses actions pour sa promotion. 

La Ville de Saint-Nazaire a souhaité marquer son attachement à la culture bretonne en sollicitant auprès de L’Office Public de la Langue Bretonne (OPLB), l’obtention de la certification «Ya d’ar brezhoneg» 01.

Cette certification correspond à la réalisation d’au moins cinq actions parmi les 55 proposées par l'OPLB*. 

Pour la municipalité, il s’agit d’afficher la langue bretonne, de diffuser sa connaissance et de l’utiliser oralement dans les relations avec le public.

Ces obligations se traduisent notamment par la mise en place de panneaux bilingues aux entrées et sorties de la commune et la signature d’un contrat de mission avec L’Office Public de la Langue Bretonne (OPLB). Il s’agit également de contribuer à la campagne annuelle de promotion des cours de breton pour adultes, de la mise en place de séances de découverte de la langue dans le cadre des Temps Péri-Educatifs et de la constitution d’un fonds d’ouvrages en breton à la Médiathèque, alimenté au fur et à mesure des nouvelles publications.

La découverte de la langue bretonne pour les plus jeunes 

Sur le Temps Peri-éducatif (TPE), plusieurs actions visant à la découverte de la langue bretonne ont été initiées par :

  • Un enseignant du collège en tant qu’intervenant spécialisé de mars 2016 à juin 2019 (écoles concernées : Michelet, Hugo). 
  • Un enseignant du Conservatoire a proposé aux écoles Lamartine et Michelet une action de découverte de la musique bretonne (cornemuse) de 2014 à juin 2017.
  • Une sensibilisation à la langue bretonne est mis en place en utilisant des outils tels que les contes en breton depuis novembre 2016 dans les écoles Rousseau (2016/17), Chateaubriand (2017/18), Buisson (2018/19) et Jaurès (2019/20 en cours).
  • Le Cercle celtique de Saint-Nazaire propose une initiation aux danses celtiques (bretonne, irlandaise) faisant ainsi référence à la culture bretonne à travers l’expression corporelle depuis avril 2016 dans les : écoles Brossolette, Lamartine, Michelet (2015/16),  Carnot, Gambetta, Jaurès (2016/17), Chédid, Ferry, Hugo (2017/18), Chédid, Carnot maternelle, Zay, Chateaubriand maternelle, Jaurès (2018/19), Chateaubriand, Hugo (2019/20 en cours).
  • Sur le temps scolaire, un bal annuel est organisé par l’USEP (en lien avec Tam Tam Production). Une large place y est faite à la culture bretonne. Cet évènement réuni environ 3000 personnes à chaque édition. 

Par ailleurs, les enfants de l’école Diwan participent à l’accueil périscolaire matin et soir et à la pause méridienne de l’école Waldeck-Rousseau. La prise des repas et les activités sont partagées entre les enfants des deux écoles. Depuis la signature de la convention entre la Ville et Diwan, l’encadrement est assuré par la Ville qui a étoffé l’équipe de l’école Waldeck-Rousseau en recrutant pour la pause méridienne une ATSEM et une assistante d’éducation de l’école Diwan.

Enfin, une classe bilingue ouvrira à l’école Gambetta à la rentrée 2020.
 

Une réflexion sur la culture bretonne à Saint-Nazaire

Lors du conseil municipal du 27 juin 2014, le maire de Saint-Nazaire avait chargé Patrice Bulting, adjoint en charge du tourisme et Jean-Jacques Lumeau adjoint en charge des affaires culturelles de mener un travail de réflexion relatif à l’apport  de la culture bretonne pour la Ville de Saint-Nazaire. Cette consultation, distincte de la question de l’identité bretonne, a été menée sur la base d’entretiens auprès de divers interlocuteurs, acteurs de la société civile non engagés dans des responsabilités politiques locales. 

Le rapport présenté par les deux élus lors du conseil municipal du 21 novembre 2014 recommandait notamment :

  • L’adhésion au niveau 1 de la charte Ya d’ar Brezhoneg, estimant que : « Cet engagement irait au-delà du symbolique et serait un véritable signe positif de nature à satisfaire la grande majorité des interlocuteurs rencontrés ».
  • La mise en place du drapeau breton, le gwen ha du dans la ville notamment au carrefour de flux des touristes et habitant∙es (boulevard de la Légion d’honneur et Gare SNCF). 

Les deux élus indiquant que : « La mise en place du drapeau sur le fronton de l’Hôtel de ville n’a pas été revendiqué expressément par les interlocuteurs ». Aussi, ils ont proposé, dans un esprit de concorde, de hisser le blason de la Ville réunissant les symboles et valeurs de la cité dans lesquelles chacun pourrait se reconnaître : la clef de la Loire (la nef), la mer, l’estuaire, les hermines  et la devise : aperit e nemo claudit (elle ouvre et personne ne ferme). Pour les deux élus municipaux : « Cette recommandation constitue un équilibre et une avancée située dans le vivre ensemble et positionne de façon nouvelle la fait culturel relatif à la Bretagne. Elle participera à la politique volontariste de la Ville qui considère nettement le sud Bretagne dans son développement ».

Le principe de l’adhésion à cette charte et selon les modalités proposées avait été adopté à l’unanimité. 


*OPLB : L’Office Public de la Langue Bretonne (OPLB).