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Hébergement d'urgence. Déclaration de David Samzun

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Déclaration de David Samzun, maire de Saint-Nazaire et Président de Saint-Nazaire Agglomération - La CARENE

Conformément à la décision de justice du printemps dernier, le squat Neyman a vocation à être évacué rapidement. La priorité, c’est le relogement avant l’évacuation. Il faudra ensuite rétablir les conditions d’un dialogue entre l’État, la Ville de Saint-Nazaire et toutes les associations mobilisées autour des questions liées à l’accompagnement des personnes sans abri.
 
Dans ce cadre, trois rappels importants s’imposent.

  • L’hébergement d’urgence est une compétence pleine et entière de l’État et il faut reconnaitre que c’est une politique publique nationale et locale qui manque cruellement de moyens.
  • Le respect de la légalité républicaine et des personnes doit rester un principe essentiel du vivre ensemble. Les menaces en direction des services et des élus doivent donc cesser.
  • Dès le départ, la Ville a engagé un dialogue qui se voulait constructif et a proposé au Collectif qui squatte les maisons rue de Neyman de travailler un projet associatif présentant les objectifs et les moyens (matériels, financiers, humains, …) nécessaires pour faire fonctionner un tel lieu d’accueil. Cette offre ayant été déclinée par le Collectif, qui s’est contenté d’adresser un rapport d’activité, les accusations d’inaction ne sont donc pas acceptables. Cela l’est d’autant moins que la Ville met à disposition son patrimoine immobilier disponible en attente de concrétisation de projets au travers de conventions avec d’autres associations.

Il est donc normal :

  • Que l’évacuation aille à son terme, d’autant que les maisons en question sont destinées à construire du logement social pour répondre aux besoins.
  • Que l’État veille à la prise en charge des personnes présentes dans les dispositifs d’hébergement d’urgence, fonction de leurs situations juridiques.

Les responsabilités juridiques, politiques et citoyennes des uns et des autres sont claires et chacun doit reconnaitre leur légitimité afin d’avancer collectivement. Le défi du sans-abrisme nécessite en effet que chacun des acteurs fasse un pas et s’engage dans un processus de travail collectif. Face aux tensions et à l’incompréhension persistante, j’en appelle à l’engagement serein de toutes et tous, dans le respect des personnes et des responsabilités, dans un processus de réflexion commune et d’action concertée.

  • Je propose la mise en place d’un groupe de travail associant la Ville de Saint-Nazaire, le Conseil départemental, l’État et toutes les associations concernées par l’accompagnement des personnes sans abri.
  • Je propose que cette commission soit animée par une personnalité extérieure chargée d’animer les débats afin de faire redescendre les tensions et de faire progresser rapidement la réflexion collective ainsi que l’élaboration de solutions concrètes.

Pour que cette réflexion s’engage sereinement :

  • Je proposerai que la Saint-Nazaire Agglomération / la Carene, dans le cadre de son Programme local de l’habitat, réserve des moyens financiers dédiés pour soutenir la rénovation de locaux intermédiaires permettant une augmentation de l’offre d’hébergement d’urgence.
  • Il conviendra que des associations existantes ou nouvelles s’organisent, sur la base de véritables projets sociaux d’accompagnement, pour assurer la gestion de ces lieux dans le respect des cadres conventionnels.
  • Il conviendra que l’État, comme il le fait sur Nantes parce qu’un cadre partenarial et respectueux s’est peu à peu tissé entre tous les partenaires, prenne sa part en organisant les conventions de gestion et en accompagnant financièrement le fonctionnement de ces associations agissant pour son compte.

 
Si chacun fait un bout du chemin et abandonne des postures qui empêchent d’avancer, nous pourrons imaginer ensemble de nouvelles solutions au service de celles et ceux qui en ont vraiment besoin.