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Magazine Estuaire : réinterroger l'aide de la collectivité

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Il y a un an, Saint-Nazaire Associations a adopté sous l'autorité du bureau de l'association un nouveau projet associatif. De nouvelles priorités d'actions en direction de ses adhérents ont été actées. De son côté, la Ville de Saint-Nazaire a mené un important travail de restructuration de ses actions déployées en direction de l'ensemble du monde associatif. Celles-ci ont été présentées dans une délibération cadre, adoptée à l'unanimité du Conseil municipal du 16 décembre 2016.

L'ensemble de ces réflexions a logiquement amené la CARENE à réinterroger en parallèle la subvention de fonctionnement attribuée à Saint-Nazaire Associations pour l'édition du magazine Estuaire depuis 2002. En effet, la prise en charge de cette subvention de 138 000 euros n'est pas issue d'une prise de compétences visant à déployer une politique publique en direction du monde associatif à l'échelle intercommunale mais d'une logique d'opportunité financière et de transfert de charges. Il s'agissait également, à cette époque de création de l'agglomération, d'une opportunité de compléter une politique de communication permettant de renforcer le fait intercommunal.

La subvention apportée par l'agglomération au magazine Estuaire, qui n'est pas un outil de communication et d'information de la collectivité, représente, à ce jour, plus de 70% de ses ressources.

Dans son projet stratégique, Saint-Nazaire Associations avait prévu de déployer ses missions et ses services à l'échelle intercommunale en mettant en ?uvre un réseau de correspondants dans les communes. Celui-ci lui aurait permis d'élargir son champ d'action, de se positionner comme véritable centre de ressources, d'imaginer un nouveau modèle de développement et de renforcer Estuaire comme une revue réellement intercommunale. Force est de constater que ce ne fut pas le cas.

La convention avec Saint-Nazaire Associations prévoyait qu'Estuaire « poursuive le développement des modes de diffusion adaptés aux nouvelles technologies de l'information et aux attentes des lecteurs ». Selon le projet présenté par Saint-Nazaire Associations, le site internet du magazine Estuaire vise à atteindre les 5 000 visiteurs par mois, ce qui apparait très faible compte tenu du territoire concerné. Par ailleurs, l'agenda en ligne d'Estuaire offre une vision à sept jours de l'actualité sur le territoire quand aujourd'hui de nombreuses structures les publient sur plusieurs mois.

Le paysage de l'information culturelle et de loisirs a largement évolué ces dernières années avec, d'abord la professionnalisation des supports de communication des structures culturelles (cinéma, salles de diffusion, festivals?), qui sont de fait venues occuper un espace qui a pendant longtemps été assumé par Estuaire seul, et par l'arrivée de nouveaux acteurs privés de l'information de loisirs : magazines dédiés, sites web, bloggeurs etc. Il existe aujourd'hui sur le web une offre abondante d'annonces de spectacles, d'horaires de cinémas.

Plus largement, de très nombreuses villes de France connaissent des publications privées ou associatives qui assument cette fonction d'information associative locale, en toute indépendance des collectivités. Celles qui ont perduré sont celles qui ont su adapter leurs outils aux nouvelles technologies pour rester des références de l'actualité loisir. La puissance des outils numériques et le libre accès à un grand nombre de données ont profondément bouleversé l'information locale. La revue Estuaire n'a pas pris le virage du numérique et se trouve aujourd'hui dépassée par de nouvelles pratiques en matière de recherche et d'accès à l'information.

Revoir les modalités de soutien à Estuaire

Saint-Nazaire Associations en est à un moment important de son histoire qui nécessite une véritable refondation sur l'ensemble de ses missions. Elle doit devenir le véritable outil et l'espace commun des associations. C'est au bureau de l'association, à ses membres et à l'ensemble du tissu associatif local qu'il appartient de refonder ce projet et de lui définir un nouveau destin et un nouveau modèle économique dont la subvention publique ne peut plus être le principal pilier. Dans ce cadre, Saint-Nazaire Associations devra donc réfléchir à un nouveau projet pour Estuaire, qui est lui aussi le fruit d'une longue histoire.

Consciente des enjeux en termes d'emplois et du temps nécessaire à ces repositionnements, la CARENE a décidé de maintenir sa subvention pour le magazine Estuaire jusqu'au 1er septembre 2017. Cela permettra aux équipes bénévoles et salariées de mener conjointement à bien toutes ces réflexions et d'imaginer le modèle de développement le plus adapté aux nouvelles réalités du monde associatif, à l'évolution du paysage de l'information et aux moyens de l'association.

Les pistes de travail sont nombreuses et pourraient être opportunément analysées à la lumière d'une étude de lectorat ou encore d'une étude de positionnement. 

La Ville et la CARENE restent des partenaires attentifs aux propositions qui pourraient leur être faites permettant la valorisation des acteurs associatifs du territoire.

La Ville s'engage pour soutenir les associations et souligne le rôle de support de Saint-Nazaire Associations

La Ville de Saint-Nazaire a entrepris un important travail de restructuration de ses actions déployées en direction de l'ensemble du monde associatif, présentées dans une délibération cadre, adoptée à l'unanimité du Conseil municipal du 16 décembre 2016. Elle est conçue autour de trois axes majeurs :

?    La création d'une porte d'entrée unique pour toutes les demandes adressées à la ville, le service Vie associative et Régie technique, installé à Agora 1901 ? Maison des Associations.
?    La simplification et unification des démarches pour les demandes de subvention autour d'un dossier unique et un calendrier commun à toutes les associations
?    La nouvelle tarification des salles mises à disposition des associations revue pour assurer un traitement égal de chaque association.

Dans cette délibération cadre, la Ville reconnaît pleinement cet apport indispensable du tissu associatif au lien social, dans le respect de l'autonomie, de la diversité et de la liberté des associations agissant sur Saint-Nazaire.

Rappelons que la Ville de Saint-Nazaire a permis l'émergence et le développement de l'Office Municipal d'Action Culturelle (OMAC), devenu depuis Saint-Nazaire Associations, dont le but est d'être une association au service des associations. La Ville de Saint-Nazaire reste attachée à la préservation de cette structure et de son projet associatif. De fait, Saint-Nazaire Associations et la Ville de Saint-Nazaire ont longuement échangé et dialogué tout au long de l'année 2016 pour identifier les espaces communs entre ce nouveau projet associatif et la refonte de la politique publique municipale déployée en direction des associations.

Cette confiance accordée à Saint-Nazaire Associations et à son bureau a aussi permis des échanges francs et des alertes fortes adressées par la Collectivité.

En premier lieu, force est de constater que la seule vie associative nazairienne regroupe environ 650 associations, dont environ 450 adhèrent à Saint-Nazaire Associations, dont une vingtaine ont participé aux travaux récents de la Conférence nazairienne de la vie Associative animée par Saint-Nazaire Associations. Il est donc temps que Saint-Nazaire Associations se reconcentre sur son c?ur de métier pour redevenir le bien commun de toutes les associations.

La Ville de Saint-Nazaire a donc souhaité réaffirmer sa volonté de soutenir une fonction de support au quotidien de la vie associative :
?    Aide au montage de projets
?    Conseil comptable et juridique
?    Assistance pour de la création graphique.

C'est au titre de ces fonctions, au c?ur du projet associatif de Saint-Nazaire Associations, que se construira le partenariat entre la Ville de Saint-Nazaire et Saint-Nazaire Associations et que les moyens seront adaptés à l'exercice de ces nouvelles missions dans la prochaine convention pluriannuelle.

En second lieu, la Ville de Saint-Nazaire et la CARENE ont manifesté auprès de Saint-Nazaire Associations leurs très fortes préoccupations quant au respect de la réglementation, notamment en matière de transparence des comptes et d'application du code des marchés publics dont Saint-Nazaire Associations relève pour une large partie compte tenu de l'ampleur des financements publics accordés pour son fonctionnement.

A l'appui de toutes ces réflexions communes et de cette nouvelle page qui s'ouvre, il convient in fine de rappeler que, pour la Ville de Saint-Nazaire, comme pour la CARENE, l'attribution d'une subvention ne constitue ni un dû, ni un droit acquis. Celle-ci intervient pour soutenir des initiatives associatives qui rentrent en cohérence avec l'intérêt général porté par la collectivité. L'attribution d'une subvention procédant donc de la rencontre entre un projet associatif et les objectifs d'une politique publique.