Territoire d'industrie. Un nouvel élan industriel, innovant et durable

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Ce mardi 7 septembre se tenait la soirée de rentrée de la CARENE autour du thème "transition écologique et industrie" qui a rassemblé près de 350 acteurs économiques du territoire

Le bassin nazairien connait une concentration unique d’entreprises industrielles au rayonnement international. De plus en plus de projets innovants qui favorisent la compétitivité des entreprises autour des filières de demain, énergies renouvelables, éolien en mer, propulsion vélique ou encore hydrogène vert voient le jour.

Les acteurs du secteur industriel et les partenaires du territoire Saint-Nazaire / Cordemais labellisé « Territoire d’industrie » depuis 2019, sont mobilisés pour faire de Saint-Nazaire Estuaire, un territoire leader pour la transition écologique et énergétique de l’industrie.

« Face aux enjeux de la transition écologique, tout le monde est interrogé. Que faire ? Comment agir ?
La mobilisation citoyenne est nécessaire. Chacun, à notre niveau, nous pouvons préserver les équilibres écologiques. Mais il faut aussi penser des solutions d’ampleur, innovantes, pour l’énergie, la production ou les déplacements notamment. C’est le rôle de la collectivité de les permettre, à l’image de ce que nous faisons sur l’éolien maritime, en implantant le premier site de France. C’est une contribution majeure à la décarbonation de l’énergie dans l’hexagone.
Pour nous, il n’y a pas d’opposition entre transition écologique et industrie. Les défis de la transition écologique sont tels, que seule l’industrie peut apporter une réponse à la hauteur des enjeux. L’industrie n’est pas le problème, elle est la solution. Il nous faut donc défendre une écologie des solutions, créatrice de sens et d’emplois, permettant de financer le contrat social.
En agissant avec nos partenaires, avec les entreprises, nous souhaitons que Saint-Nazaire Agglomération joue un rôle singulier dans la mobilisation de l’industrie et des territoires en faveur de la transition écologique. »
David Samzun, maire de Saint-Nazaire et président de Saint-Nazaire Agglomération – La CARENE.

 

Le bassin nazairien bénéficie d’un tissu dense, diversifié et dynamique. Paquebots, avions, véhicules de défense, éoliennes offshore ou moteurs XXL… la liste des produits conçus, fabriqués et assemblés sur le territoire est considérable. Airbus, Chantiers de l’Atlantique, MAN Energy Solutions, Arquus, General Electric, Famat, ou encore Sides sont quelques exemples d’industriels qui exportent à l’international et contribuent significativement à la balance commerciale française.

Les grands donneurs d’ordre comme Airbus ou les Chantiers de l’Atlantique bénéficient de commandes qui se chiffrent en milliards et offrent à ces leaders mondiaux une visibilité inédite. Une vitalité qui profite aussi à des milliers de sous-traitants locaux et à l’ensemble de l’agglomération qui voit sa population croître et son tissu économique se renforcer.

Selon une étude de l’Observatoire de l’emploi et de l’investissement de 2018, Saint-Nazaire se situe en première position en France pour la création d’emplois industriels pour la période 2009-2017 après Toulouse, Bordeaux et Paris.  

 

Consciente de la nécessité de mobiliser sur la transition écologique et de penser le développement économique sur le long terme, l’agglomération de Saint-Nazaire s’est engagée dès 2011 dans une stratégie de déploiement des énergies renouvelables. En 2013, la CARENE, en lien avec l’ADEME et la CCI s’est également rapprochée du Grand Port maritime Nantes Saint-Nazaire afin d’impulser une démarche d’écologie industrielle et territoriale à l’échelle de la Zone industrialo-portuaire (ZIP). Objectifs : réduire les impacts de l’activité économique sur l’environnement en organisant le réemploi de flux de matières et de fluides tout en améliorant la compétitivité des entreprises par la mutualisation d’équipements et de services et la substitution de matières premières et d’énergie.
Par ailleurs, dans le cadre de son Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET), la CARENE a fixé des objectifs ambitieux en matière de réduction des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre, d’amélioration de la qualité de l’air et de production d’énergies renouvelables sur son territoire. A l’horizon 2030, 25% du mix énergétique du territoire devra être consacré à l’énergie renouvelable.

 

Le territoire se tourne donc désormais vers des projets qui concourent concrètement à la transition écologique et énergique dans divers secteurs : énergies renouvelables (solaire, géothermie, bois-énergie), éolien en mer mais aussi au sein de deux filières qui semblent en plein développement : la propulsion vélique et l’hydrogène vert. La transition écologique des entreprises et des espaces industriels est par ailleurs l’une des ambitions poursuivies par l’ensemble des acteurs dont la CARENE, engagés dans la démarche « Territoires d’industrie ».

 

Saint-Nazaire, tête de pont des énergies marines renouvelables

 

Après les avions et les paquebots, Saint-Nazaire est une fois encore, avec l’émergence de l’éolien en mer, la terre d’élection d’une industrie qui produit des géants. De l’usine d’assemblage des éoliennes en mer de GE Renewable Energy à Montoir-de-Bretagne, aux Chantiers de l’Atlantique, où sont construits les sous-stations électriques, pièces maîtresses des parcs éoliens en mer, des centaines d’emplois liés aux énergies de la mer ont déjà été créés sur le territoire. De son côté, le port Nantes Saint-Nazaire investit pour accueillir les composants du futur parc éolien en mer au large de Saint-Nazaire sur un site de 12 hectares requalifié. Saint-Nazaire est aussi un cluster unique d’entreprises en France avec près de 105 entreprises industrielles qui unissent leur savoir-faire pour répondre de façon innovante aux besoins du marché EMR via le réseau Neopolia.


Un territoire précurseur dans la structuration de la filière des EMR

Depuis 2011 et l’émergence de la structuration d’une filière française positionnée sur le marché des EMR, le territoire de Saint-Nazaire est à l’avant-garde :

  • dialogue étroit et soutien financier majeur du Grand Port Maritime pour le développement de ses capacités et l’accueil de nouveaux acteurs industriels
  • soutien à de nouvelles infrastructures afin de permettre le déploiement de la logistique XXL associée à la production des éoliennes offshore
  • concertation avec toutes les parties prenantes (habitants, pêcheurs, écoliers…) pour accueillir sereinement le développement de nouvelles capacités de production énergétiques, médiation et ouverture d’EOL, le tout premier site de visite entièrement dédié à la grande aventure de l’éolien en mer

Saint-Nazaire est le premier site d’essais en mer dédié aux EMR avec la construction et l’implantation de la première éolienne flottante « Floatgen » en 2017. Il accueille également le premier parc éolien offshore qui sera composé de 80 éoliennes et produira à la fin 2022 l’équivalent de 20% de la consommation électrique de la Loire-Atlantique. Avec plus de 1 000 emplois dédiés d’ici 2022, il est aussi le premier employeur en France dans ce secteur.

Des retombées concrètes pour l’emploi

Les partenaires de l’emploi, l’insertion et la formation, ainsi que les entreprises se sont mobilisées afin d’une part de former les personnes aux métiers spécifiques des EMR et d’autre part pour intégrer les personnes en recherche d’emploi non qualifiées mais avec des appétences pour les métiers de l’industrie (via les méthodes de recrutement par simulation).

Par ailleurs, la CARENE assure la mise en application et le suivi des clauses sociales. Le marché des EMR a permis d’intégrer des clauses d’insertion avec les entreprises industrielles. Au 31 juillet, 54 670 heures ont été réalisées dans le cadre de la clause sociale, sur les 80 000 prévues. Plusieurs contrats longs sont en cours avec des CDI envisagés en fin de contrat.


Des perspectives prometteuses

Avec un tissu d’entreprises armé pour conquérir des marchés « éolien offshore posé », des capacités portuaires performantes prêtes à accueillir les prochains grands projets dans le secteur des EMR et une ambition forte de positionner le territoire sur le défi de l’éolien offshore flottant et de l’hydrogène offshore, l’avenir de la filière des EMR à Saint-Nazaire s’annonce très prometteuse.

 

Propulsion vélique : une filière en plein essor à Saint-Nazaire

Saint-Nazaire dispose d’infrastructures et des capacités industrielles de la filière navale, des moyens portuaires XXL et une façade maritime. C’est donc tout naturellement que le territoire se prépare à accompagner l’émergence d’une nouvelle filière industrielle autour de la technologie vélique, un secteur porteur d’emplois et source d’innovation collaborative. La propulsion de navires par le vent a pour objectif de participer à la décarbonation du transport maritime. Un enjeu en phase avec les engagements pris par Saint-Nazaire Agglomération, la CARENE en faveur de la transition écologique de l’industrie.

Certains acteurs industriels ancrés sur le territoire ont déjà entamé leur transition vers la propulsion par le vent :

  • Les Chantiers de l’Atlantique ont confirmé le projet d’installation d’un système complet de gréement à l’échelle 1 du projet SolidSail (système de voiles qui contribuent à baisser significativement les émissions de CO2 d’un navire). Ce prototype sera installé à la rentrée 2021 sur le site des Chantiers.
  • Airbus et son armateur LDA ont équipé le navire Spirit of Montoir reliant Montoir à Mobile (Alabama) d’un démonstrateur de propulsion à voile type Kite « Seawing » développé par la société Airseas.
  • Renault a pour objectif d’intensifier son usage du terminal roulier de Montoir-de-Bretagne en s’engageant pour ouvrir de nouvelles lignes avec Neoline, une entreprise spécialisée dans le transport vélique.
  • TOTAL étudie l’intégration de la propulsion par le vent sur ces méthaniers.
  • Cargill prévoit d’utiliser des navires propulsés par le vent dès 2022.

Saint-Nazaire accueille également régulièrement des navires propulsés par le vent, comme Enercon E-Ship qui transporte des éoliennes terrestres ou Grain de Sail, armateur qui a choisi le Port de Saint-Nazaire en février dernier pour l’accueil et le déchargement en cacao de son navire.

 

Des projets phares en cours de développement

Le projet de cargo roulier à propulsion vélique Neoliner est en phase de lancement. Après Renault et Manitou, l’intérêt de nouveaux chargeurs industriels se confirment pour utiliser le cargo. En cas de confirmation du projet, les navires seraient en grande partie construits à Saint-Nazaire. Le territoire sera également en première ligne avec la ligne pilote reliant Halifax (Canada) vers Saint-Nazaire - Montoir de Bretagne à horizon 2023.

Neopolia a lancé la phase d’étude du projet AGORA. Ce projet vise à créer une capacité industrielle unique en France capable de proposer des moyens dédiés notamment à la construction de navires véliques.

 

Hydrogène vert : un levier à activer pour la décarbonation

L’hydrogène renouvelable ou vert produite à partir d’électricité d’origine renouvelable par électrolyse de l’eau constitue une voie d’avenir pour les énergies renouvelables et donc un accélérateur de la transition énergétique du territoire. C’est en effet un vecteur qui pourrait contribuer à augmenter la part renouvelable dans le mix énergétique (afin d’atteindre les 25% en 2030). La combustion de l’hydrogène ne dégageant que de l’eau, son utilisation permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre et donc la pollution atmosphérique.

La CARENE étudie la possibilité de conversion des bus de son réseau STRAN à l’hydrogène dans les années à venir afin de proposer des « bus propres » qui permettront d’améliorer la qualité de l’air.

En parallèle, un écosystème autour de l’hydrogène vert se développe petit à petit sur le territoire avec des acteurs locaux qui travaillent sur des projets innovants :

  • Lhyfe, entreprise spécialisée dans le développement de l’hydrogène vert, lance des projets innovants pour accélérer la production d’hydrogène vert à partir des EMR. Ce projet sera développé sur le territoire grâce à un site d’expérimentation en mer et le partenariat avec les industriels locaux. Ce projet permettra de mettre en œuvre le premier dispositif de production d’hydrogène offshore au monde. Le site, opérationnel à compter de 2022, fonctionnera à l’aide d’électricité provenant d’une éolienne flottante au large de Saint-Nazaire, sur le site d’essai SEM-REV.
  • Neopolia, Airbus et les Chantiers de l’Atlantique qui mènent des expérimentations et lancent des projets innovants dans le domaine de la mobilité ou encore de l’hybridation des modes propulsifs.
  • Le projet Estuaire coordonné par Akajoule propose un projet de développement d’une station de production et de distribution d’hydrogène vert sur la ZIP de Saint-Nazaire à destination des entreprises et acteurs économiques du territoire. Ce projet est mené en partenariat avec le MAN Energy Solutions, l’Université de Nantes, le Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire et la CARENE.
  • Des projets de R&D portés par l’entreprise MAN Energy solutions pour l’hybridation des moteurs diesel.
  • HYMOOV, une start-up implantée à Montoir-de-Bretagne, valorise les déchets de bois qui seront utilisés pour la production d’un gaz de synthèse. Celui-ci sera ensuite épuré et recombiné afin d’obtenir le gaz voulu (méthane - CH4 ou hydrogène - H2) en fonction de la finalité de l’unité d’exploitation.
  • Des projets portés par des entreprises locales pour décarboner leur site via l’hydrogène vert dans les process de production et dans la flotte de véhicules.
  • Le Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire qui mène des études sur les usages et les applications des ENR, notamment l’hydrogène vert.

 

Territoire d’industrie : une feuille de route avec 5 ambitions et 35 projets

Fin 2018, dès le lancement de la démarche « Territoires d’industrie », David Samzun, Président de la CARENE, Saint-Nazaire Agglomération, a fait connaitre la candidature du territoire au dispositif. Il s’agissait, pour la collectivité et ses partenaires de se saisir de cette opportunité pour enrichir le dialogue avec les industriels et co-construire avec eux une feuille de route intégrant une vision du développement économique futur, la qualification et le besoin de main-d’œuvre et le défi de la transition écologique.

En novembre 2018, le gouvernement annonçait retenir cette candidature en y intégrant la Communauté de communes Estuaire et Sillon. Cette labellisation a permis de mobiliser les collectivités, les industriels, les acteurs de l’innovation et de l’emploi, les services de l’Etat en région et les agences de développement économique du territoire afin de concevoir une feuille de route du développement industriel de la région. Ce plan d’action s’articule aujourd’hui autour de cinq ambitions communes et de 35 projets portés par des acteurs privés ou publics.

 

Les 5 ambitions communes « Territoire d’industrie »:

  • Un territoire industriel leader pour la production des nouvelles énergies et leur intégration dans les grands produits industriels.
  • Un territoire industriel qui crée les conditions de réussite pour la performance, l’innovation et l’émergence d’entreprises industrielles.  
  • Un territoire industriel qui développe des infrastructures pour répondre aux enjeux de compétitivité des industriels.
  • Un territoire industriel qui participe à l’attractivité des métiers et qui œuvre pour le capital humain
  • Un territoire qui concourt à la transition écologique des entreprises et des espaces industriels.

Parmi ces projets, quatre d’entre eux sont jugés particulièrement structurants et emblématiques par les partenaires :

  • Nouvelles Industries Créatives et Collaboratives de l’Ouest (NICCO)

Imaginé avant la crise, le projet NICCO s’est ainsi adapté afin de constituer une réponse à la crise en apportant une réponse aux enjeux de réindustrialisation. Son ambition est de travailler étroitement avec les grands donneurs d’ordre du territoire (Chantiers de l’Atlantique et Airbus notamment) afin d’identifier les opportunités de relocalisation de la sous-traitance sur des activités traditionnelles. Il s’agit d’accompagner à la fois la diversification des entreprises du territoire et la création d’entreprises traditionnelles pour re-créer de l’emploi industriel sur le territoire.
Les Chantiers de l’Atlantique ont ainsi proposé de travailler un sourcing local et un accompagnement des entrepreneurs en collaboration avec les acteurs publics. Le potentiel de nouvelles activités pourrait créer de nouvelles entreprises industrielles et une centaine d’emplois d’ici 2022. Ce dispositif, soutenu par la CARENE est porté par le Centre d’Initiatives locales.

  • Site industriel mutualisé Agora

Porté par des commandes et des marchés à fort potentiel dans les domaines de la construction navale, des énergies marines renouvelables (EMR) ou des nouvelles propulsions, le projet consiste à étudier l’opportunité et la faisabilité de créer une nouvelle capacité industrielle mutualisée XXL sur le domaine portuaire nazairien pour capter des marchés inaccessibles par les industriels locaux faute de capacité suffisante (fonciers, outillages, ateliers). Ce projet est porté par le réseau d’entreprises industrielles Neopolia. Après une phase d’étude d’opportunité concluante, le projet est en phase d’étude de faisabilité.

  • Ecole de production industrielle

En réponse aux difficultés pour recruter des jeunes et pour permettre à des jeunes en décrochage scolaire d’accéder à une qualification, le projet consiste à étudier l’opportunité et la faisabilité de créer une école de production. Ce modèle permettrait de proposer une formation dans le cadre d’une activité de production de pièces ou de composants à destination d’une chaine de valeur industrielle. Ce projet porté par la CARENE est soutenu par les industriels du territoire dont Airbus et la fondation Total ainsi que les partenaires de l’Education nationale.

  • Plateforme supply-chain industrielle et durable

En réponse aux enjeux que représente la logistique dans la compétitivité des entreprises et des filières industrielles, le Pôle Achat Supply-Chain Atlantique (PASCA) réfléchit à la création d’un centre d’excellence. L’objectif est de pouvoir renforcer la Recherche & le Développement, la formation, l’industrialisation et l’animation des acteurs de la logistique et des PMI afin de rendre le territoire et les industriels plus performants dans ce domaine technologique.