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Une ferme urbaine sur la base de Saint-Nazaire

Le toit de la base sous-marine de Saint-Nazaire. Crédit : Martin Launay, Saint-Nazaire - Agrandir l'image, .JPG 1,91Mo (fenêtre modale)

Phénix urbain, Saint-Nazaire ne cesse de se réinventer. Presque entièrement rasée par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, la ville est aujourd’hui plus attractive que jamais. Emblème de cette résilience, la base sous-marine allemande, forteresse de béton et empreinte indélébile de son passé douloureux, est désormais irriguée d’une vitalité hors normes : musée, salle d’exposition, salle de musiques actuelles, salle associative… Et bientôt, sur son toit, un projet fou de presque 4 hectares, porté par l’association B.À.S.E., Béton À Semer Ensemble : un parc urbain comprenant une ferme urbaine de maraîchage, expérimentale et pédagogique, des équipements culturels et sportifs, des jardins ouvriers et des jardins thématiques côtoyant l’œuvre de Gilles Clément, « Les Jardins du Tiers-Paysage ».

Une ferme urbaine sur le toit de la base de Saint-Nazaire

Le projet fou d’une ville qui ne manque pas d’air

Ville de bord de mer, au cœur d’une dynamique économique et démographique durable, la Ville de Saint-Nazaire s’attache aujourd’hui à revitaliser son centre-ville et à développer son offre de loisirs et de promenade entre le port, le front de mer et le cœur de la ville. Jamais à court d’idées innovantes, la collectivité a décidé de transformer le toit de la base en une destination à part entière. Son défi : faire de ce lieu historique à la forte dimension dramatique, un lieu symbole de la transition écologique, de la valorisation du patrimoine historique de la ville, mais aussi lieu de détente, de déambulation, de récréation et de contemplation offert aux habitants et aux touristes.
La Ville a ainsi lancé en décembre 2018 un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour faire émerger des propositions innovantes et participatives d’occupation du toit de la base. Cet appel était assorti de deux prérequis : mettre l’accent sur la végétalisation du site en cohérence avec l’œuvre de Gilles Clément et intégrer une vision des différents aménagements et activités envisagés pour faire du toit de la base un lieu intergénérationnel et propice aux échanges et aux rencontres.
 

Dès 2020, des carottes pousseront sur 8m de béton

Il aura fallu 480 000 m3  de béton et un toit de 8m d’épaisseur pour rendre la base sous-marine de Saint-Nazaire indestructible et indifférente aux bombes alliées. Il faudra plusieurs mois pour en faire un lieu phare de la transition écologique.
Le projet B.À.S.E., lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la Ville de Saint-Nazaire repose sur l'idée de transformer le toit de la base en un catalogue à ciel ouvert des solutions techniques et agro-écologiques pour expérimenter, inventer et promouvoir des réponses concrètes aux enjeux de la transition écologique et de la relocalisation de la production agricole au plus près des consommateurs. Au-delà, il s'agit plus largement d'en faire une véritable destination de promenades et d'activités, avec une mise en valeur des « Jardins du Tiers Paysage » de Gilles Clément, du patrimoine et de l'histoire de la base, ainsi que la création d'espaces ludiques, culturels et sportifs.

La ferme urbaine
Clé de voute du projet, la ferme urbaine sera composée d'un espace expérimental et pédagogique de maraîchage urbain hors-sol en agro-écologie et permaculture. Elle permettra de produire légumes, herbes aromatiques, fleurs comestibles et plantes mellifères. Des ruches, des hôtels à insectes, des serres et des bassins de récupération d’eau seront installés. Le fronton de la base, du côté du centre commercial Le Ruban Bleu, sera partiellement végétalisé.
Un pavillon de compostage partagé et pédagogique permettra de sensibiliser les visiteurs à la revalorisation et à la réduction des déchets organiques. L’association envisage la mise en place d’une collecte de bio-déchets auprès des commerçants locaux et des habitant.e.s pour produire sur place une partie du  compost utile à la végétalisation des lieux.
La ferme urbaine a également été pensée comme un espace urbain d’économie circulaire avec pour objectifs la valorisation économique de la production par la mise en place de circuits courts.
Toutes ces installations, expérimentations, innovations, productions seront l'objet  d'études et d'analyse en partenariat avec des organismes publics et privés : Chambre d'Agriculture, INRA, AgroParisTech, etc.

Des Jardins perchés

En complément des « Jardins du Tiers-Paysage » de Gilles Clément, déjà présents, et de la ferme urbaine expérimentale, l’association B.À.S.E. souhaite aménager de nouveaux espaces paysagers accessibles au public.

Ces nouveaux espaces formeront un parcours végétal pédagogique, longeant la ferme urbaine, et reliant différents jardins paysagers « perchés » sur ce toit, agrémentés d'un mobilier urbain adéquat. Toujours dans cette recherche de solutions face aux nombreuses contraintes du site, ces « jardins perchés » illustreront différentes thématiques :

  •  « Les Jardins Ouvriers Hors-Sol » proposeront aux citoyen.ne.s des espaces potagers jardinables, privatisés, pédagogiques et encadrés.
  • « Les Jardins de Littoral » plongeront le visiteur dans une dimension balnéaire en accord total avec l’océan visible depuis le toit de la base. Ils apporteront des solutions duplicables pour des jardins et espaces exposés aux vents et aux embruns.
  • « Les Jardins de Murs » utiliseront les verticalités et les jeux d’ombres pour proposer des solutions esthétiques et productives.
  • « Les Jardins-Vergers Partagés Citoyens » seront les fruits d'un appel au parrainage citoyen. L'association souhaite proposer le parrainage d'arbres fruitiers qui seront installés sur le toit.

Ce parcours sensoriel sera jalonné d’une signalétique explicative et pédagogique, pour mieux comprendre les enjeux et impacts de la végétalisation urbaine sur le climat, l'air, la place de la nature en ville, la biodiversité et l'amélioration du cadre de vie.

Un véritable parc urbain
En complément de cette végétalisation ponctuelle, et pour faire vivre ce lieu emblématique du centre-ville, ce parc urbain se déclinera en différents parcours et approches possibles :

  • Un parcours scénographique patrimonial et touristique, pour découvrir l'histoire de ce bâtiment, de la ville, et admirer les points de vue sur le port, l'estuaire et la ville.
  • Un parcours culturel, reliant les œuvres de Gilles Clément (collection du Voyage à Nantes), des expositions temporaires et des équipements de spectacles (ex : théâtre de verdure, scène extérieure, écran géant...), pour animer le site et faire le lien entre culture et transition écologique.
  • Un parcours sportif (ex : footing, musculation...).
  • Plusieurs constructions légères ponctueront le parcours du visiteur et animeront le toit de la base tout en respectant la dimension patrimoniale du bâtiment. Elles permettront d’accueillir diverses activités : restaurant-buvette, laboratoire urbain, galerie artistique temporaire... Leur fonction pourra être réinterrogée régulièrement pour contribuer à renouveler la vie du site. 

Calendrier : une installation progressive des diverses activités

2019 sera l’année du début des expérimentations végétales et techniques et de la recherche des financements. Quatre zones serviront de test :

  • La ferme urbaine
  • Les abords de la future Maison B.À.S.E.
  • Les jardins ouvriers hors-sol
  • Les jardins-vergers partagés citoyens

2020 sera l’année de la première phase d'installation de la ferme urbaine et de certains espaces végétalisés et équipements culturels.

2021 verra la fin des installations et l'été 2021 sera le début de l’exploitation du parc urbain du toit de la base de Saint-Nazaire.      

B.À.S.E.: une association pour semer ensemble… sur le béton

Le parc maraîcher urbain sur le toit de la base sous-marine de Saint-Nazaire est le projet phare porté par l’association B.À.S.E. (Béton A Semer Ensemble). Un projet qui allie innovations, pédagogie et animations par et pour les citoyens et au service de l’attractivité du territoire. L’association créée en août 2018 autour de Claudine Raillard-Clément, Cédric Derouin, Myrtille Fakhreddine et Gérald Chabaud, entourés de volontaires bénévoles et professionnels a pour but d’accompagner et d’animer des projets d’aménagement urbain sur le territoire, en faveur de la nature en ville et de la création de lien social par le biais d’animations pédagogiques, culturelles et sportives. Elle s’est également donnée pour objectif de sensibiliser les citoyens à l’urgence de la transition énergétique, d’expérimenter et de démontrer la faisabilité des solutions accessibles à tous, pour répondre aux enjeux d’avenir tels que la relocalisation de la production agricole au plus près des consommateurs, ou l’impact du végétal dans l’espace urbain sur l’air et le climat ou encore d’imaginer des réponses à la problématique de l’eau. Enfin, elle souhaite promouvoir des initiatives concrètes et pratiques favorisant la transmission des savoirs et la sensibilisation des publics.  L’association compte aujourd’hui une trentaine de membres.
Pour se doter d'un outil pédagogique performant et ambitieux, l'association B.À.S.E. s'est adjoint les services de Myrtille Fakhreddine, architecte-scénographe qui a accompagné cette première phase de construction urbanistique du projet pour répondre à l'Appel à manifestation d’intérêt lancé par la Ville de Saint-Nazaire.

Claudine Raillard-Clément, présidente de l’association
Documentaliste et jardinière professionnelle, elle a par ailleurs mis ses compétences au service des autres en animant des jardins dits « partagés » et en assurant également la présidence de l’association Ecopôle, le CPIE de Nantes. Elle s'anime à l'évocation de la « nature ordinaire » et de la protection de la biodiversité : réamorcer le vivant au sein des villes, réinventer la nature en ville, sensibiliser et apprendre à « faire » pour que cette ambition soit possible.        

Gérald Chabaud, co-fondateur et trésorier adjoint de l'association
59 ans, directeur de l'association Les Escales (le VIP, le festival Les Escales, Grande Marée, ma Fête de la Musique) depuis 2015.
Avec l'édition du festival 2017 consacrée à la ville de Detroit, il a été imaginé et réalisé, sur le modèle des jardins partagés de cette ville, un jardin éphémère pour valoriser cette initiative intelligente et sensible. Puis, à partir de ce modèle, en faire émerger un projet pérenne sur le toit si emblématique de la base des sous-marins.

Cédric Derouin, cofondateur et coordinateur du projet B.À.S.E.
Il se définit lui-même comme un activateur de projets destinés à développer des solutions d’aménagement urbain alliant végétal et social, favorables aux citadins, à l’environnement et au climat et à l'économie locale. Viticulteur-œnologue de formation, entrepreneur social et jardinier urbain, il rêve de « villes-comestibles » où l’abondance proviendrait de l’action citoyenne, mobilisée autour de la réappropriation végétale de l’espace public. En 2012, il initie à Saint-Nazaire les Incroyables Comestibles, puis participe activement au lancement des Gratiférias, des Discos-soupes, de la Givebox Culturelle, ainsi que du Salon du savoir-faire local et de la monnaie locale complémentaire Le Rozo, dont il est co-président,  des initiatives citoyennes en faveur de la transition, de l'économie locale et du lien social.  

Myrtille Fakhreddine, architecte de la phase urbanistique du projet
Diplômée de l’Ecole d’architecture de la ville et des territoires de Marne-la-Vallée en 2009, Myrtille Fakhreddine travaille de 2006 à 2012 dans des agences parisiennes d’architecture, d’urbanisme et de paysage. En 2012, elle réalise l’habillage sonore du Pavillon français de la Biennale d’Architecture de Venise. En 2013, elle s’installe à Bangkok pour travailler aux côtés de François Roche et de l’agence New Territories pour la création d’un musée d’art moderne de 3 000m2 présenté à la Biennale d’architecture de 2014.
Elle s’associe ensuite pour développer un certain nombre de projets scénographiques et réaliser les expositions Irving Penn et Seydou Keita au Grand Palais ou encore Voyager au Moyen Age au Musée de Cluny. En parallèle, elle participe au projet de la nouvelle librairie du Louvre et assure le suivi de chantier de construction et de réhabilitation  de logements. En 2017, elle fonde sa propre agence et travaille notamment à la réalisation d’une exposition temporaire du Louvre Abou Dhabi inaugurée en avril 2019.

Clémentine Couëffé, architecte HMONP, gérante de l’agence 9005 Architectes & Alexandra Crémois, architecte DPLG et urbaniste, gérante de l’agence Tipi Architects.
Clémentine et Alexandra se rencontrent en 2012, au sein d’un cabinet d’architecture Nantais. De cette rencontre naitra tout d’abord une belle amitié et un partage de valeurs communes. Celles de la douceur, des énergies, de la sensibilité, de la matérialité et une volonté forte de s’inscrire dans un contexte de transition énergétique. Fort de leurs précédentes expériences Clémentine et Alexandra partagent la même vision des espaces, de l’architecture, de l’urbanisme et des paysages. Nazairienne et Nantaise, elles pratiquent leur métier en s’inscrivant dans une démarche d’évolution de leurs villes respectives, en respect des acteurs et filières locales. Elles prendront donc la direction des études du projet, son suivi opérationnel et feront le lien entre les porteurs de projet et les acteurs locaux.
Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne en 2012, Clémentine Couëffé exerce dans plusieurs agences d’architecture et d’urbanisme de Rennes et Nantes de 2012 à 2017. Nazairienne d’origine et convaincue que le territoire de cette ville est un magnifique laboratoire d’expérimentation, elle revient en 2017 y travailler. En 2019, après deux belles années d’exercice en agence nazairienne, Clémentine fonde son agence, 9005.
Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble en 1998 et de l’Université du Québec à Montréal en 1997, Alexandra Crémois exerce dans plusieurs agences d’architecture, d’urbanisme et de paysage de Grenoble puis de Nantes de 1998 à 2014. Formée également à la rénovation énergétique du bâtiment, à la géobiologie et aux grandes lignes de la construction passive elle cherche continuellement à lier ses projets à l’éthique du développement durable pour trouver l’équilibre entre l’économie, le social et l’environnement. En 2015, après vingt années d’exercice en agence, Alexandra fonde son agence, TiPi Architects à Clisson.

Gilles Clément, parrain du projet et pionnier de la reconquête végétale de la base sous-marine

La base sous-marine, construite lors de la Seconde Guerre Mondiale, et qui a résisté aux bombardements, a fait l’objet depuis les années 1990 d’une réappropriation dans le cadre d’un vaste projet urbain, dénommé Ville-Port, qui a abouti au développement d’activités culturelles, touristiques et associatives au sein des alvéoles de la base, mais aussi à la possibilité d’accéder à son toit. Dans le cadre de l’événement culturel et artistique Estuaire, le toit de la base sous-marine a servi en 2009 de support à une création de Gilles Clément, composé de trois éléments : le Bois de Trembles, le Jardins des Orpins et des Graminées et le Jardin des Étiquettes. Cette œuvre, qui entre dans la logique des « jardins du tiers-paysage » chère à Gilles Clément, visait à introduire du végétal sur un site par nature hostile : béton, vent et exploitation complexe de l’eau.

Saint-Nazaire : une agglomération qui produit et mange local

L’attractivité de l’agglomération nazairienne est une réalité. Sa population augmente et va continuer de le faire de manière conséquente dans les prochaines années. Les succès industriels et la mise en valeur d’un littoral exceptionnel n’occulte pas la nécessité de préserver une activité essentielle pour l’équilibre du territoire et la qualité de vie : l’agriculture, qui dans son développement péri-urbain permet de répondre à une demande toujours plus affirmée de la part des habitants pour des produits sains et locaux. Saint-Nazaire et son agglomération  œuvrent concrètement dans ce sens en développant un projet de ferme urbaine inédite sur le toit de la base sous-marine et en allant jusqu’à racheter des terres pour installer des exploitants.

Découvrez notre dossier consacré à la transition écologique sur l'agglomération de Saint-Nazaire :