Ville d'art et d'histoire : Saint-Nazaire a déposé sa candidature

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La Ville de Saint-Nazaire vient de déposer son dossier de candidature à la labellisation "Ville d'art et d'histoire" auprès de la Direction régionale des affaires culturelles en charge de sa transmission au Ministère de la culture qui fera connaitre sa décision avant la fin de l’année.

Le patrimoine s’inscrit désormais au cœur du projet global de la Ville de Saint-Nazaire, que ce soit dans le cadre de sa reconquête urbaine, du développement de la citoyenneté, de la co-écriture de son récit territorial avec les habitants, ou encore de son attractivité touristique.  

La connaissance, la conservation, la valorisation, la transmission par la médiation du patrimoine de la ville, sont des objectifs prioritaires du mandat municipal. Ils entrent en résonnance avec la volonté stratégique de la collectivité de rendre encore plus acteurs les habitants, de s’engager pour l’éducation de tous, de développer l’attractivité et de poursuivre son ouverture sur la région et sur le monde.

A ce titre, la labellisation Ville d’art et d’histoire est inscrite dans le schéma stratégique de la Ville comme enjeu prioritaire.

Lancée en avril 2018, cette démarche s’est appuyée sur l’Inventaire du Patrimoine lancé en 2014 dans le cadre d’une convention avec la Région Pays de la Loire et sur le Conseil du patrimoine, instance de dialogue et d'écoute mutuelle entre acteurs nazairiens du Patrimoine.

 

 

Ville d’art et d’histoire : un label pour une mise en valeur, une protection et une promotion efficaces du patrimoine national

Initié en 1985 et contemporain de la première décentralisation, le label Villes et Pays d’art et d’histoire est le fruit d’un partenariat entre l’Etat et les collectivités, liés par une convention. Cette convention présente un véritable projet d’aménagement culturel du territoire, projet transversal ayant pour socle la mise en œuvre d’une nouvelle politique des publics, prioritairement les jeunes, les habitants et les visiteurs.

Au niveau local, le label est devenu un facteur de transversalité entre des services qui, par manque de moyens, de temps ou de connaissance s’ignoraient trop souvent. L’heure est à la mutualisation des ressources humaines et financières, pour rendre plus efficaces les politiques du patrimoine. Autour de la notion de patrimoine, on trouve la culture, l’éducation, le tourisme, l’habitat, l’urbanisme, la gestion des espaces protégés, le suivi des travaux sur les Monuments historiques …

La variété des actions initiées dans le cadre du label Villes et Pays d’art et d’histoire illustre l’élargissement des problématiques du patrimoine. Qu’il s’agisse de patrimoine moderne, industriel, paysager, immatériel, militaire, balnéaire ou vernaculaire, le label a su les rendre accessibles à toutes les générations d’habitants ainsi qu’aux touristes. Prenant différentes formes, les actions de médiation et d’interprétation des patrimoines amènent le public à lever la tête, se questionner, s’initier aux techniques de restauration, à dessiner, modeler ou construire une architecture ou un paysage.

Avec une moyenne de sept à huit labellisations par an, le réseau s’accroît régulièrement, témoignant d’un véritable engouement pour le label. Il compte aujourd’hui 186 Villes et Pays d’art et d’histoire.

 

Un patrimoine matériel et immatériel à protéger et à valoriser

La Ville de Saint-Nazaire poursuit depuis longtemps une politique de connaissance, de protection et de transmission de son patrimoine, notamment par l’Ecomusée, créé dès le début des années 1980. Par la suite, cette dimension a été prise en compte dans de nombreux documents de pilotage de la politique urbaine ainsi que dans le champ réglementaire des documents d’urbanisme, dont le PLU.

Saint-Nazaire est riche de grands champs patrimoniaux, matériels ou immatériels, formant des ensembles cohérents, d’intérêt parfois international, souvent national. Si la Seconde Guerre mondiale a largement éprouvé la ville, la Reconstruction a finalement enrichi le patrimoine qui, peu à peu, révèle toutes ses qualités et son importance. La ville a réussi à y intégrer de nombreux éléments non détruits et à préserver un littoral de grand intérêt. Ininterrompue depuis près de 150 ans, la construction navale a également façonné la ville et contribué largement à la richesse et à l’intérêt de son patrimoine.

Au-delà de ce patrimoine architectural, Saint-Nazaire souhaite témoigner de son histoire récente, de sa vie culturelle. Elle souhaite partager son histoire de ville où ont mûri une pensée sociale et une conception de la citoyenneté qui en a fait un territoire de débats. Il s’agit également de mettre en valeur toute une communauté humaine, construite des nombreux apports de l’immigration.

 

Saint-Nazaire : une richesse patrimoniale révélée

Dotée d’éléments de patrimoine vieux de 6 000 ans, comme le tumulus de Dissignac, la ville s’est pourtant essentiellement développée sur le plan démographique, économique et urbanistique, durant ses 150 dernières années, autour de son activité portuaire et maritime. Les constructions navales et aéronautiques, la Seconde Guerre mondiale, l’aménagement urbain, ont marqué et façonné la ville et son patrimoine.

Les recherches poursuivies depuis plus de 25 ans et l’Inventaire général du patrimoine en cours, font apparaitre l’unicité de son port industriel avec ses infrastructures du XIXe et du XXe siècle en place et en fonction. L’organisation militaire liée en particulier à l’ancienne base allemande des sous-marins, ou encore l’importance de l’architecture de la Reconstruction. La ville présente aussi un urbanisme littoral qui témoigne des rapports entre habitat et océan, que ce soit pour les fonctions résidentielles ou de tourisme. Elle compte également sept édifices labellisés Patrimoine XXe siècle en raison de leur architecture originale et de leur technicité remarquable : la salle de la Soucoupe, le château d’eau du Moulin du Pé, l’église Sainte-Anne, l’église Saint-Gohard, les Halles, la base sous-marine et l’Hôtel de ville et sa place.  

La ville compte également plusieurs éléments patrimoniaux inscrits ou classés au titre des Monuments historiques qui témoignent également de la diversité des patrimoines de la commune.

Saint-Nazaire est riche d’un patrimoine immatériel qui témoigne notamment du développement d’une collectivité humaine fortement marquée par le développement de savoir-faire d’exception, notamment autour de la maitrise de la construction navale et aéronautique et de l’économie maritime. Cette communauté parcourue de nombreux mouvements sociaux et culturels témoigne de grands idéaux et débats qui ont traversé les XIXe et XXe siècles.

Ville d’immigration à la croissance démographique historique soutenue, elle témoigne des flux migratoires internes au pays (Bretagne, Anjou, etc.) ou externes (Espagne, Italie, Maghreb, Afrique occidentale, etc.). Elles y ont toutes apporté des spécificités qui font de Saint-Nazaire une ville ouverte sur les cultures du monde.

Afin de protéger ce patrimoine, la CARENE a voté en 2016 une délibération mettant à l’étude une aire de valorisation architecturale et patrimoniale (AVAP), futur site patrimonial remarquable, dans le périmètre municipal.

Quel patrimoine est mis en avant dans la candidature ?

Afin de constituer sa candidature, qui vient d’être déposée auprès de la Direction régionale des affaires culturelles, la Ville de Saint-Nazaire a identifié plusieurs typologies de patrimoines qu’elle a classées en trois grandes catégories dans son dossier de candidature :

  • Les patrimoines physiques : le patrimoine architectural et urbain, le patrimoine végétal et naturel, le patrimoine des fortifications, le patrimoine du temps long (archéologie), le patrimoine des collections et du mobilier et le patrimoine industriel et portuaire, de la gestion des eaux et des marées et des ponts et des passages.  
  • Les patrimoines immatériels : la ville des apprentissages et de l’éducation populaire, la ville des savoir-faire et de l’innovation, la ville associative et militante, la ville des renaissances et des possibles, la ville de l’ouverture au monde et au fleuve, la ville des patrimoines venus d’ailleurs, la ville des voyages et des passages.
  • Les arts : le patrimoine des arts décoratifs, le patrimoine littéraire et du cinéma, le patrimoine des arts visuels, plastiques et contemporains, le patrimoine sonore et musical.  

 

Mission patrimoines de la Ville de Saint-Nazaire : de la connaissance à la reconnaissance du patrimoine

La connaissance, la conservation, la valorisation, la transmission et la médiation du patrimoine de la ville sont désormais des objectifs prioritaires du mandat municipal. Ils entrent en résonnance avec la volonté stratégique de la Ville de rendre les habitants encore plus acteurs, de s’engager pour l’éducation de tous, de développer l’attractivité de la ville et de poursuivre son ouverture sur la région et le monde. A ce titre, la labellisation Ville art et histoire est inscrite dans le schéma stratégique comme enjeu prioritaire.

A côté de sa politique d’Inventaire général du patrimoine, la Ville conserve, restaure et valorise des collections d’intérêt national liées à l’histoire de la construction navale et des paquebots et a en charge un dépôt du Musée des arts décoratifs. La collection d’objets de paquebots est unique en France de par son importance et sa cohérence et elle est un des rares ensembles permettant aux publics de découvrir et de comprendre l’importance du phénomène.

Elle valorise également son patrimoine urbain dans le cadre d’une politique d’action culturelle développée notamment par SNAT, Saint-Nazaire Agglomération Tourisme (visites, expositions, parcours) et de médiation en direction des scolaires. Elle assure l’entretien de son patrimoine mobilier et urbain. Elle réalise un travail de conservation et de valorisation d’archives, au-delà de ses obligations réglementaires.

Forte d’opérateurs municipaux, ou en délégation, dotés d’une compétence avérée (Musée de France, Archives municipales, etc.) d’un tissu associatif mobilisé et d’une démarche transversale à engager avec d’autres services (urbanisme, éducation, jeunesse) l’équipe municipale a souhaité structurer durablement sa politique patrimoniale en créant une Mission patrimoines au sein de la Direction de la culture dont la mission est de piloter techniquement le projet de labellisation Ville d’art et d’histoire.

 

Les associations de Saint-Nazaire au cœur de la candidature

Le Conseil du patrimoine est une instance consultative de dialogue et d'écoute mutuelle entre acteurs du Patrimoine. Il s’agit d’un lieu de débats et de consultation ainsi qu’une plateforme d’échange et de coopération entre les associations et avec la ville.

Présidé par Jean-Jacques Lumeau, adjoint en charge des affaires culturelles, il s’est réuni plusieurs fois depuis sa création le 16 avril 2018.

Le Conseil du patrimoine est composé des huit associations nazairiennes : Association préhistorique et historique de la région nazairienne (ou Histoire et patrimoine), Association de recherches et d’études sur le mouvement ouvrier dans la région de Saint-Nazaire (Aremors), Groupe archéologique de Saint-Nazaire (GASN), Vieux gréements de Saint-Nazaire, Je me souviens, Mémoire et savoirs nazairiens, Histoire et culture en région nazairienne et Saint-Nazaire Histoire.

Le Conseil du patrimoine deviendra le Conseil ville d’art et d’histoire si le label est obtenu.


Des actions pour diffuser la connaissance et permettre l’appropriation par les habitant.es

Afin de valoriser et faire connaître l’opération d’inventaire du patrimoine de Saint-Nazaire, la Ville et la Région se sont associées pour proposer au public une série d’ « enquêtes patrimoine » dont l’objectif est de permettre aux participants de s’initier à la recherche sur les patrimoines bâtis. Il s’agit de créer des liens entre les professionnels du patrimoine et les Nazairien(ne)s afin d’améliorer la connaissance et la sensibilité des habitants à l’égard de leur patrimoine.

En avril dernier, au Garage, différents ateliers-découverte étaient animés par les professionnels de l’Inventaire. Ils ont permis au public d’expérimenter une véritable enquête patrimoine dans la peau d’un chercheur de l’Inventaire.
En mai, il s’agissait de découvrir l’église de Saint-Nazaire, ses trésors et son environnement.

 

Un parcours dessiné a également été proposé en octobre en collaboration avec le lieu jeunesse La Source. Accompagnés d’Emma Burr, anglaise d’origine qui vit en France depuis une dizaine d’années, les jeunes ont eu l’opportunité de porter un nouveau regard sur la ville, ses architectures et son patrimoine. Il s’agissait également de partager l’histoire de la ville, sa mémoire, de construire son propre rapport à la cité, et ainsi de tisser sa place dans la ville.
Les créations des jeunes font actuellement l’objet d’une exposition dans l’Hôtel de ville.

Un inventaire en cours depuis 2014

Depuis 2014, la Ville et la Région ont lancé l’inventaire du patrimoine de Saint-Nazaire. La chercheuse Stéphanie Le Lu étudie le patrimoine architectural, de la préhistoire aux années 1980. Elle arpente les rues et dépouille les archives. Ce travail de recherche permet la re-découverte du patrimoine nazairien. Il s’appuie sur des experts de la Ville de Saint-Nazaire et du service de l’Inventaire de la région Pays de la Loire : photographes, cartographes, documentalistes, archivistes.

 

Une candidature qui a déjà permis de protéger et de valoriser le patrimoine local

Tout en sollicitant le label Ville d’art et d’histoire, la Ville de Saint-Nazaire a souhaité s’interroger sur ses propres patrimoines. Elle les étudie et les protège.

Ces actions font, par ailleurs, l’objet de médiation auprès des publics lors des Journées Européennes du Patrimoine ou encore dans les colonnes du journal municipal où, chaque mois, une page est réservée à un l’un des aspects du patrimoine local.

Parmi les actions de préservations : la mise à l’abri de l’ensemble sculpté de l’ancienne gare nettoyé, protégé et expertisé ; la mise en lumière le fonds Prat ; ou bien encore la restauration à venir cette année de la fresque de l’ancienne école Jean-Jaurès, peinte par Madeleine Massonneau en 1933.

Grand prix de Rome sculpture en 1926 et chevalier de la Légion d’honneur en 1956, Roger Prat a eu une carrière importante et a vu plusieurs de ses œuvres protégées par des classements. Son épouse fit don de plusieurs œuvres en 1979, à la suite de son décès, dont des épreuves de pièces aujourd’hui classées. Son style classique se distingue par l’excellence de ses portraits, des modelés et les impressions caractéristiques sur les terres cuites.

Dès cette année la fresque de l’ancienne école Jean Jaurès, peinte par Madeleine Massonneau en 1933 va faire l’objet d’une restauration exemplaire.

Bien que connue et toujours restée plus ou moins visible, cette fresque a été réellement dégagée lors des travaux préparatoires à la mutation du bâtiment qui va devenir la direction de l’Education.  Elle couvre les quatre murs de l’ancien hall de l’école où se situaient à l’origine les logements des instituteurs. Cette école avait été en grande partie reconstruite dans les années 1930, sous l’impulsion de la municipalité. Malheureusement, ce superbe bâtiment a été en grande partie détruit par les bombardements.

La fresque sera protégée et restaurée par la restauratrice, Géraldine Fray, experte habilitée Monuments Historiques.