No Woman’s Land : le courage des femmes afghanes sous le régime taliban

Kaboul, Afghanistan, 22 avril 2024 Shahla, 21 ans, est journaliste et présentatrice. © Kiana Hayeri pour la Fondation Carmignac

La Ville de Saint-Nazaire poursuit son engagement en faveur de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les violences faites aux femmes avec une programmation artistique forte. À l’automne, quatre expositions vous invitent à explorer les réalités des femmes. Parmi ces rendez-vous, l’exposition No Woman’s Land, qui se déroulera à la Galerie des Franciscains du 6 au 29 octobre.

Ce projet photographique et documentaire, lauréat du 14e Prix Carmignac du photojournalisme, est consacré à la résistance des femmes au quotidien en Afghanistan depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021. Le prix a été attribué au projet de la photojournaliste canado-iranienne Kiana Hayeri et de la chercheuse française Mélissa Cornet, qui ont réalisé un reportage sur une période de six mois. Il est à découvrir sous la forme d’une exposition en deux parties. L’une en intérieur dans la Galerie des Franciscains, et l’autre en extérieur avec un cheminement créé de l’hôtel de ville à la galerie. L’exposition met à l’honneur ces femmes courageuses, résistantes du quotidien, qui affrontent leurs peurs, notamment à travers la joie qu’elles s’efforcent de maintenir malgré les épreuves. L’exposition a reçu le prix World press photo dans la catégorie Asie.

L’invisibilité des femmes dans une société 

À Saint-Nazaire, des actions sont menées pour rendre les femmes plus visibles dans l’espace public, promouvoir et valoriser les actions qu’elles mènent, leurs succès, leurs prouesses.  Cela va prendre du temps pour rééquilibrer les représentations mais la volonté est ancrée et la concrétisation est multiforme : dénomination des rues, des équipements municipaux, campagne d’affichage, expositions dédiées d’une artiste, d’une scientifique, etc. 

Mais dans des pays comme l’Afghanistan, des hommes au pouvoir rédigent des lois qui privent les femmes de leur liberté fondamentale. Quatre ans après le retour au pouvoir des talibans, ce pays demeure une exception mondiale : aucun autre pays n’interdit aux filles l’accès à l’enseignement secondaire et universitaire. Selon L’UNICEF, plus de 2,2 millions d’adolescentes auront été privées d’école d’ici la fin de l’année.  Au-delà de l’éducation, les femmes afghanes se voient interdire de chanter, de parler, d’être vues, de suivre un enseignement, de se vêtir comme elles le souhaitent, d’exercer un métier, de faire du sport, de circuler dans l’espace public, à pied, à vélo, etc. Et ce, au mépris de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et de la Femme, sans être inquiétés et dans un silence international assourdissant. 

L’apartheid de genre :  grand absent du droit international

Alors que l’apartheid est reconnu en droit international lorsqu’il est fondé sur la race, aucune norme juridique ne prend encore en compte l’« apartheid fondé sur le genre ». Formulé pour la première fois par des femmes afghanes face à l’oppression systématique des femmes par le régime taliban, ce concept met en lumière un vide juridique majeur. Sa reconnaissance en droit international permettrait de qualifier et de sanctionner les régimes institutionnalisés de domination des femmes, des filles et des personnes LGBTI+, et de renforcer la lutte contre l’impunité.

Informations pratiques – Exposition No Woman’s land

Du 6 au 29 octobre 2025

Horaires : du mardi au vendredi de 14h à 18h et le samedi de 10h à 18h

Galerie des Franciscains, 25 rue du Croisic et place François-Blancho, Saint-Nazaire

Gratuit

Saint-Nazaire : une programmation artistique engagée à découvrir à l’automne

  • Femmes en Lumières – Du 9 septembre au 4 octobre – bibliothèque Anne Franck-  Des portraits photographiques de femmes des quartiers ouest par Nicksigo. Chacun des portraits est accompagné d’un témoignage, révélant leurs rêves, leurs défis et leurs réussites. 
  • L’odyssée d’Elsie A. – Du 7 octobre au 24 janvier – médiathèque Etienne Caux – Une exposition autour de l’album Elsie A. de Karine Bernadou, Roxanne Moreil et Cyril Pedrosa. Entre thriller fantastique et quête psychologique, les aquarelles flamboyantes de Karine Bernadou plongent le visiteur dans un voyage initiatique au cœur d’une jungle habitée de fantômes. Des ateliers et rencontres avec les autrices complèteront cette exposition. 
  • “Fais pas genre”… l’exploitation sexuelle des mineures – Du 14 au 28 novembre – espace municipal La Source – Une exposition en partenariat avec l’association Résonnantes, qui propose de sensibiliser le public à la réalité de l’exploitation sexuelle des mineures. Le 14 novembre se déroulera une journée avec les médiatrices de l’association Résonnantes. 
  • Déconstruire les idées reçues sur les violences faites aux femmes Conservatoire de Saint-Nazaire – 12 novembre – La Source propose une visite commentée de cette exposition de 17h à 19h. 
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