Ce vendredi 22 janvier, le contrat « Territoires d’industrie » pour Saint-Nazaire Cordemais est signé en présence de Madame Jacqueline Gourault, Ministre de la Cohésion des Territoires et des relations avec les collectivités territoriales. ©Martin Launay – Ville de Saint-Nazaire

 

En mai 2018, l’Assemblée des Communautés de France (AdCF) publiait, en lien avec le Medef, un appel intitulé « Pour un pacte productif : les territoires s’engagent ». Elle y demandait à l’Etat, la mise en œuvre d’une politique industrielle liée aux territoires.

Quelques mois plus tard, le Premier Ministre, Edouard Philippe, annonçait se saisir de cet appel et lançait la démarche de labellisation Territoires d’Industrie.

Immédiatement, David Samzun, Président de la CARENE, Saint-Nazaire Agglomération, faisait connaitre la candidature du territoire au dispositif. Il s’agissait, pour la collectivité et ses partenaires de se saisir de cette opportunité pour enrichir le dialogue avec les industriels et co-construire avec eux une feuille de route intégrant une vision du développement économique futur, la qualification et le besoin de main-d’œuvre et le défi de la transition écologique.

En novembre 2018, le gouvernement annonçait retenir cette candidature en y intégrant la Communauté de communes Estuaire et Sillon. Cette labellisation a permis de mobiliser les collectivités, les industriels, les acteurs de l’innovation et de l’emploi, les services de l’Etat en région et les agences de développement économique du territoire afin de concevoir une feuille de route du développement industriel de la région. Ce plan d’action s’articule aujourd’hui autour de cinq ambitions communes et de 31 projets portés par des acteurs privés ou publics.

« Depuis le début de cette crise économique, La Région des Pays de la Loire, en concertation étroite avec l’Etat et les collectivités locales, a fait du soutien aux entreprises et de la sauvegarde des emplois ligériens des priorités absolues. La démarche « Territoires d’industrie » illustre notre ambition collective de renforcer l’attractivité de notre territoire, et le pacte de confiance que nous avons construit entre les pouvoirs publics et les entreprises. Nous bâtissons ici l’avenir de nos territoires en aidant nos entreprises à rester compétitives afin de faire de la relance économique et industrielle une réalité. » précise Christelle Morançais, présidente de la Région des Pays de la Loire.

Ce vendredi 22 janvier, une nouvelle étape est franchie avec la signature du contrat « Territoires d’industrie » entre l’Etat, représenté par le préfet de la Loire-Atlantique en présence de Madame Jacqueline Gourault, Ministre de la Cohésion des Territoires et des relations avec les collectivités territoriales, Didier Martin, Préfet de la Région des Pays de la Loire, Christelle Morançais, présidente de la Région des Pays de la Loire, David Samzun, président de la CARENE, Rémy Nicoleau, président de la Communauté de communes Estuaire et Sillon, Jean-Claude Pelleteur, vice-président de la CARENE et référent Territoires d’industrie, Bruno Hug de Larauze, PDG du Groupe Idea et référent Territoires d’industrie, Yann Trichard, président de la CCI Nantes- St-Nazaire, Philippe Jusserand, directeur régional Pays de la Loire de la Banque des Territoires (Caisse des dépôts), Astrid Combemorel, directrice territoriale Pôle emploi de Loire-Atlantique et Franck Dumaitre, directeur régional de l’ADEME Pays de la Loire. 

Une vision partagée pour l’attractivité économique de Saint-Nazaire

Le bassin nazairien connait une concentration unique d’entreprises industrielles au rayonnement international. Paquebots, avions, véhicules de défense, éoliennes offshore ou moteurs XXL… La liste des produits conçus, fabriqués et assemblés sur le territoire est considérable. Airbus, Chantiers de l’Atlantique, MAN Energy Solutions, Arquus, General Electric, Famat, ou encore Sides sont quelques exemples d’industriels qui exportent à l’international et contribuent significativement à la balance commerciale française.
Nombre de ces sites industriels sont soumis à une forte concurrence au sein même de leur groupe. La performance économique et la compétitivité des sites industriels sont donc essentielles au maintien et au développement des industriels sur le territoire. Cette performance des sites industriels résulte de nombreux paramètres, qu’il s’agisse d’offre foncière, d’infrastructures de transport et de logistique, de très haut débit, d’innovation ou d’attractivité des salariés. La performance internationale de l’entreprise est donc liée à la performance du territoire qui l’accueille. Disposer d’un écosystème d’acteurs stable, s’appuyant sur une vision stratégique partagée, est ainsi fondamental pour la pérennité de l’activité industrielle.

 

 

 

 

« Territoires d’industrie »: un outil supplémentaire pour surmonter la crise

La crise sanitaire a bouleversé le monde économique et les répercussions sur le plan local ont été rapides et intenses. Pourtant, la démarche « Territoires d’industrie » a été identifiée comme un outil pour surmonter les difficultés des entreprises et des filières industrielles. Les différents acteurs mobilisés comptent sur cette démarche pour accompagner la relance économique sous le signe de la souveraineté industrielle, de la relocalisation des compétences et d’une industrie éco-responsable. Malgré ce nouveau contexte économique, ils maintiennent leurs ambitions et souhaitent même accélérer la mise en œuvre des projets.

 

Une feuille de route : 5 ambitions et 31 projets

A la suite de la labellisation par l’Etat, le territoire de Saint-Nazaire / Cordemais a également été choisi, aux côtés de trois territoires français, par l’Agence Nationale à la Cohésion des Territoires (ANCT) afin d’expérimenter la mise en place d’une « Fabrique prospective de l’industrie ». C’est dans ce cadre et avec le soutien de l’ANCT que la feuille de route de la démarche Territoires d’Industrie a été co-construite.

C’est ainsi que, depuis le mois de mai 2019, la démarche « Territoires d’industrie » a mobilisé les industriels, les acteurs de l’innovation et de l’emploi, les collectivités, les services de l’Etat en région et les agences de développement économique. A travers quatre séminaires et des réunions thématiques avec les industriels, la feuille de route du développement industriel du territoire a été produite et validée par les soixante partenaires de la démarche. Elle s’articule autour de cinq ambitions communes :

  • Un territoire industriel leader pour la production des nouvelles énergies et leur intégration dans les grands produits industriels.
  • Un territoire industriel qui crée les conditions de réussite pour la performance, l’innovation et l’émergence d’entreprises industrielles.  
  • Un territoire industriel qui développe des infrastructures pour répondre aux enjeux de compétitivité des industriels
  • Un territoire industriel qui participe à l’attractivité des métiers et qui œuvre pour le capital humain.
  • Un territoire qui concourt à la transition écologique des entreprises et des espaces industriels.

Trente et un projets sont aujourd’hui en cours de conception ou de réalisation. 20 projets ont été officiellement lancé au cours de l’année 2020. 9 projets ont d’ores et déjà bénéficié de soutiens financiers dont 1,7 millions d’euros par l’Etat ; 1,8 millions d’euros par la Région des Pays de la Loire et 4,9 millions d’euros par la CARENE. Ces projets sont également soutenus par la Communauté de communes Estuaire et Sillon et la Banque des Territoires.

Parmi ces projets, cinq d’entre eux sont jugés particulièrement structurants et emblématiques par les partenaires :

Nouvelles Industries Créatives et Collaboratives de l’Ouest (NICCO)

Imaginé avant la crise, le projet NICCO s’est ainsi adapté afin de constituer une réponse à la crise en apportant une réponse aux enjeux de réindustrialisation. Son ambition est de travailler étroitement avec les grands donneurs d’ordre du territoire (Chantiers de l’Atlantique et Airbus notamment) afin d’identifier les opportunités de relocalisation de la sous-traitance sur des activités traditionnelles. Il s’agit d’accompagner à la fois la diversification des entreprises du territoire et la création d’entreprises traditionnelles pour re-créer de l’emploi industriel sur le territoire.
Les Chantiers de l’Atlantique ont ainsi proposé de travailler un sourcing local et un accompagnement des entrepreneurs en collaboration avec les acteurs publics. Le potentiel de nouvelles activités pourrait créer de nouvelles entreprises industrielles et une centaine d’emplois Ce projet, porté par la CARENE est soutenu financièrement par les Chantiers de l’Atlantique, la Région des Pays de la Loire et la Banque des territoires.

Chantier industriel mutualisé Agora

Porté par des commandes et des marchés à fort potentiel dans les domaines de la construction navale, des énergies marines renouvelables (EMR) ou des nouvelles propulsions, le projet consiste à étudier l’opportunité et la faisabilité de créer une nouvelle capacité industrielle mutualisée XXL sur le domaine portuaire nazairien pour capter des marchés inaccessibles par les industriels locaux faute de capacité suffisante (fonciers, outillages, ateliers). Ce projet est porté par le réseau d’entreprises industrielles Neopolia.

Ecole de production industrielle

En réponse aux difficultés pour recruter des jeunes et pour permettre à des jeunes en décrochage scolaire d’accéder à une qualification, le projet consiste à étudier l’opportunité et la faisabilité de créer une école de production. Ce modèle permettrait de proposer une formation dans le cadre d’une activité de production de pièces ou de composants à destination d’une chaine de valeur industrielle. Ce projet porté par la CARENE est soutenu par les industriels du territoire dont Airbus et la fondation Total ainsi que les partenaires de l’Education nationale.

Plateforme supply-chain industrielle et durable

En réponse aux enjeux que représente la logistique dans la compétitivité des entreprises et des filières industrielles, le Pôle Achat Supply-Chain Atlantique (PASCA) réfléchit à la création d’un centre d’excellence. L’objectif est de pouvoir renforcer la Recherche & le Développement, la formation, l’industrialisation et l’animation des acteurs de la logistique et des PMI afin de rendre le territoire et les industriels plus performants dans ce domaine technologique.

Trifibre

Le projet agricole Trifibre, porté par la start-up WASTMEUP vise à produire à l’échelle industrielle des fibres végétales techniques à partir de plantes endémiques que sont la rouche, le foin des marais et le roseau. Estuaire et Sillon accompagne le développement de cette filière « fibres et éco-matériaux » sur son territoire.

Un territoire de leaders mondiaux dans leurs domaines

Avec la mondialisation de l’industrie, nombre d’entreprises industrielles françaises conçoivent et prototypent en France et fabriquent à l’étranger. La particularité locale est qu’une part conséquente des industriels du bassin nazairien conçoivent pour construire et construisent ce qu’ils conçoivent. Le territoire conserve ainsi une base productive importante ainsi que des centres de décision autonomes. Avec respectivement 9 000 et 6 000 salarié∙es sur site par jour, les Chantiers de l’Atlantique et Airbus sont passés maitres dans l’ordonnancement des taches et la synchronisation des flux industriels. De ce fait, la supply-chain représente aujourd’hui un vecteur majeur pour la performance des grands ensembliers du territoire. L’innovation collaborative entre grands industriels, sous-traitants et logisticiens devient un enjeu majeur répondre à la demande de produits XXL et aux cadences qui s’accélèrent pour répondre à la demande du marché.

Des filières industrielles aux carnets de commandes exceptionnels

Avant la crise économique, les grands industriels du territoire dans les domaines de l’aéronautique et de la navale avaient annoncé des commandes fermes jusqu’en 2025 et des perspectives de commandes assurées pour les dix prochaines années. Le territoire devait connaitre un cycle économique exceptionnel. Cette visibilité, inédite sur le bassin nazairien sur ses deux filières historiques, se doublait de la bonne santé de certains acteurs importants (MAN ENERGY SOLUTIONS, SIDES, ARQUUS, IDEA) et surtout de l’émergence des énergies marines renouvelables, avec la construction du premier parc éolien offshore français et les commandes à l’export pour l’usine GENERAL ELECTRIC de Montoir de Bretagne. Le dynamisme des grands acteurs industriels entraine dans son sillage de nombreuses TPE et PME industrielles, qui travaillent pour l’une ou l’autre filière. Malgré le nouveau contexte économique, la diversité des filières industrielles implantées localement permet de limiter les impacts massifs pour les entreprises. Le secteur aéronautique connait une situation difficile. Cependant, les annonces récentes concernant un investissement pour une nouvelle ligne d’assemblage conforte le site Airbus de Montoir-de-Bretagne et donne des perspectives de relance à moyen terme.

L’innovation comme réponse aux besoins de différenciation et de performance industrielle et de transition écologique

Ce contexte actuel de croissance permet aux industriels d’engager des moyens pour innover et se diversifier. Cette course à l’innovation et à la différenciation conduit les industriels à développer des projets innovants pour moderniser leur site de production, en intégrant le digital dans les produits et les process. Cette innovation concerne également la transition énergétique et écologique des sites et des produits industriels. Les clients des industriels locaux recherchent toujours plus de gain économique et formulent également des attentes dans le domaine de la protection de l’environnement. Afin d’y répondre les industriels du bassin nazairien doit conjuguer ces deux paramètres pour en faire une opportunité, construire demain des produits à faibles impact environnemental tout en améliorant la compétitivité prix.
L’estuaire de la Loire est l’un des lieux de production énergétique majeur dans le grand ouest. Le Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire accueille des acteurs énergétiques de premier plan, parmi lesquels la raffinerie TOTAL de Donges, le terminal méthanier ELENGY (groupe ENGIE) ou l’unité de production de diester de CARGILL à Montoir de Bretagne. Le territoire est donc propice aux démarches d’écologie industrielle et territoriale (EIT) et à l’expérimentation de nouvelles sources d’énergie. Le devenir de la centrale charbon de Cordemais, et en particulier la réalisation du projet ECO-COMBUST, peut, si elle est bien accompagnée, être un exemple d’une transition énergétique réussie. Les nouvelles énergies représentent ainsi une opportunité de développement. De nombreux projets innovants sont en cours autour de l’hydrogène, des bio-ressources marines, de l’hydrolien fluvial, de la biomasse ou encore de l’énergie fatale. Le territoire d’Estuaire et Sillon connait ainsi une présence non négligeable d’acteurs de l’énergie et la transition du site de Cordemais pourrait s’articuler autour du renforcement d’un écosystème d’acteurs innovants de l’énergie. Parallèlement, le territoire nazairien dispose des infrastructures portuaires et des savoir-faire pour devenir un lieu d’expérimentation et d’intégration des nouvelles propulsions (propulsion vélique, intégration du GNL, énergie solaire etc.). Plusieurs industriels développement des projets de R&D dans ce sens.

Un besoin de compétences industrielles crucial pour l’avenir et la reprise économique

La forte croissance industrielle des dernières années engendre un enjeu de montée en cadence qui nécessite une augmentation des investissements productifs et un volume de recrutements importants. Dans un contexte de hausse massive des besoins en main d’œuvre sur l’ensemble des filières industrielles, la question du recrutement et de la transmission des savoir-faire est essentielle pour le devenir des industriels. La formation et l’attractivité des métiers industriels restent des difficultés majeures, notamment auprès des plus jeunes : il est dès lors essentiel de travailler sur les enjeux de recrutement à court terme mais aussi sur des actions à long terme, qu’il s’agisse d’orientation vers les métiers industriels ou d’attractivité du territoire. Enfin, après une période centrée sur la compétitivité coût et où l’entreprenariat dans le domaine industriel a pu perdre en vitalité, les grands acteurs industriels recherchent désormais, de plus en plus, des entreprises basées localement et capables d’apporter des solutions industrielles performantes, sur métiers « classiques », tout en utilisant les nouveaux moyens de production et de digitalisation de l’industrie.
Malgré le nouveau contexte de crise, la communauté Territoires d’industrie juge essentiel de poursuivre les actions et le projet en faveur du développement des compétences et du recrutement. En effet, certaines filières industrielles continuent de recruter, c’est le cas par exemple de la filière EMR.
De plus, il semble essentiel de préparer la reprise économique et de maintenir les compétences industrielles sur le territoire.

5 entreprises du « territoire industrie » bénéficient du fonds de soutien aéronautique du Plan de relance représentant 5,6M€ d’aides d’Etat générant la création d’une centaine d’emplois et la consolidation des sous-traitants de l’aéronautique avec le maintien de plus d’un millier d’emplois. Elles représentent 30% du nombre de bénéficiaires au sein du département et 7% de la région.

 

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